« Si l’électricité est dans l’air, alors Google vient d’ouvrir la fenêtre… et une grosse batterie est entrée ! » Bon, ce n’est pas le slogan officiel du géant de la tech, mais ça aurait pu, tant le projet auquel ils s’attaquent dans le Minnesota décoiffe plus qu’une bourrasque dans la Silicon Prairie.
Cette semaine, Google a annoncé qu’il allait propulser son prochain centre de données au Minnesota, non pas avec quelques malheureuses prises multiprises, mais avec un cocktail de vent, de soleil, et — roulement de tambours — une batterie au fer taille XXL imaginée par la startup Form Energy. La promesse : du courant à gogo, même quand Eole et Apollon prennent des RTT. Petit détail qui ne tient pas dans une poche, cette prouesse électrochimique coûtera la bagatelle d’un milliard de dollars. On espère que le coffre de Google a suivi un régime data-cashlight.
Alors, pourquoi tout ce tintouin ? Parce que la batterie de Form Energy n’a rien d’une pile AAA qu’on trouve cachée dans la manette de la télécommande. Imaginez : elle peut débiter 300 mégawatts sans discontinuer pendant 100 heures. Son petit secret ? Elle « respire » littéralement : de l’oxygène vient ronger du fer, qui en rouillant, balance de l’électricité. Magique ? Non, scientifique ! Ce mégamonstre s’occupera de lisser les flux énergétiques d’un mix de 1,4 gigawatts de vent et 200 mégawatts de solaire. Autant dire que le centre de données aura de quoi surfer sur la fibre sans coupure, même si le soleil fait la grasse mat’.
Une batterie qui respire, un contrat en or à un milliard : ne vous fiez pas toujours aux apparences, derrière la rouille, il y a du génie.
Jusqu’ici, Form Energy bossait ses proto dans l’ombre, affûtant sa trouvaille tandis que la plupart des gens associaient « stockage d’énergie » à « batteries de voitures électriques ». Mais voilà que Google débarque façon chevalier blanc, validant la technologie et ouvrant grand les portes du marché. Un premier client de cette taille, c’est un peu comme passer du Monopoly au vrai marché immobilier.
D’ailleurs, la startup n’a pas attendu longtemps pour vouloir booster ses finances. Son PDG Mateo Jaramillo a annoncé lever pas moins de 500 millions de dollars de plus (après en avoir déjà levé 1,4 milliard — oui, ça cause !). Avec cette visibilité soudaine, Form Energy prévoit même son entrée triomphale en Bourse l’an prochain. On dirait que la batterie n’est pas la seule à accumuler de l’énergie…
La morale : Si vous pensiez que les data centers étaient de froids bunkers énergétiques dévoreurs de kilowatts anonymes, détrompez-vous : désormais, même la rouille fait briller Silicon Valley & Co. Comme quoi, on n’est jamais sûr de ce qui peut électriser la tech… même pas Google !
En attendant de voir si cette batterie va changer durablement la donne, croisons les doigts… ou les fils : on n’improvise pas une révolution électrique sans quelques étincelles.
Source : Techcrunch




