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Credits image : Simon Noh / Unsplash

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Deezer, dernier rempart humain face à l’invasion de l’IA musicale ?

Le streaming musical doit-il nécessairement être envahi par l’intelligence artificielle, ou une autre voie est-elle possible ? Cette semaine, Deezer a mis sur le marché un outil qui bouscule complètement les stratégies actuelles du secteur en matière de remix : Remix Lab. Quel est donc ce nouvel espace de création ouvert aux fans, et pourquoi met-il autant l’accent sur le respect des artistes ?

Contrairement à YouTube ou Spotify, qui misent sur l’IA pour générer des versions revisitées des morceaux, Deezer veut remettre l’humain au centre du processus créatif. Faut-il s’inquiéter de la multiplication des contenus produits par des algorithmes ? Alors que ses concurrents inondent les plateformes de morceaux artificiels, Deezer mise sur l’intuition et la créativité de ses utilisateurs, tout en imposant une condition : l’autorisation, et surtout la rémunération, des artistes originaux pour chaque remix généré.

Mais quels outils propose vraiment cette nouvelle fonctionnalité ? Sur certaines pages d’artistes, les fans peuvent désormais modifier le tempo, ajouter de la reverb ou même transformer le morceau en changeant de genre musical. N’est-ce pas là l’occasion de permettre à chacun de s’immerger pleinement dans le processus de création, tout en établissant un dialogue plus étroit avec les artistes ?

Remix Lab pourrait bien montrer que l’avenir de la musique ne se résume pas à la domination de l’IA.

Depuis plusieurs mois, Deezer ne cache pas son hostilité à l’essor de l’IA dans la musique. L’entreprise a d’ailleurs développé un outil capable de détecter les morceaux générés par IA dans des playlists venant de concurrents, voire d’éliminer ces titres des sélections éditoriales – un positionnement quasiment unique dans l’industrie. Mais pourquoi Deezer prend-il autant de risques, alors que la tendance générale semble épouser à bras ouverts l’intelligence artificielle générative ?

Pour Alexis Lanternier, PDG de Deezer, la réponse est simple : il s’agit de replacer l’auditeur au cœur de l’expérience, tout en garantissant aux artistes un contrôle total et une rémunération juste pour chaque utilisation créative de leur œuvre. Une volonté affichée de respecter la propriété intellectuelle, alors que beaucoup déplorent la dilution de la valeur des œuvres face à l’arrivée massive de remixes faits par des machines, sans consultation ou bénéfice pour les musiciens.

Lancée en avant-première en France, Remix Lab permet pour l’instant de s’amuser avec des titres de figures telles que Céline Dion, Alain Souchon ou Ronisia. Seulement une expérience franco-française, ou le début d’une nouvelle ère pour le remix musical à l’international ? Et si la sauce prenait auprès du public, Deezer pourrait-il faire école et inciter d’autres plateformes à mieux rémunérer les artistes impliqués dans les remixes amateurs ?

La plateforme va même plus loin, avec la mise en place de concours via le Deezer Club : à la clé, la possibilité de voir son remix placé dans une playlist officielle, de gagner des places de concert et des objets exclusifs. Les fans sont-ils en train de devenir les nouveaux partenaires créatifs d’une industrie musicale en quête de sens face à la vague technologique ?

Alors, face à la montée en puissance de l’IA sur les plateformes concurrentes, le pari de Deezer peut-il convaincre à l’échelle mondiale que la musique, même revisitée, doit rester avant tout une affaire humaine ?

Source : Techcrunch

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