La révolution tant attendue des robotaxis est-elle enfin en train de s’accélérer aux États-Unis ? La récente annonce du partenariat stratégique entre Zoox, propriété d’Amazon, et Uber pour lancer des taxis autonomes à Las Vegas d’ici la fin de l’année intrigue : à quel point sommes-nous proches de monter à bord d’une voiture sans conducteur commandée en un clic ? Quels obstacles restent à franchir avant que ce rêve technologique ne devienne une réalité accessible au grand public ?
Pourtant, derrière l’enthousiasme de ce communiqué, de nombreuses incertitudes subsistent. D’abord, Zoox attend encore le feu vert des autorités fédérales pour opérer commercialement ses véhicules révolutionnaires, dépourvus de volant et de pédales. Qu’en est-il précisément des risques sur la sécurité des usagers ? La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) ouvre à peine le débat public autour de la demande d’exemption déposée par Zoox aux Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS). D’ailleurs, Zoox bénéficie pour l’instant d’une autorisation… mais uniquement à but expérimental, pas commercial. Le chemin réglementaire est-il encore long ?
Si l’approbation est finalement obtenue, Zoox prévoit un lancement progressif : d’abord, une offre robotaxi maison, puis une disponibilité via l’application Uber, mais seulement dans la ville du Nevada. Un déploiement limité, mais qui pourrait donner le coup d’envoi à une révolution ? En attendant, la start-up propose déjà des trajets gratuits à Las Vegas et San Francisco, tout en préparant le terrain dans huit autres métropoles américaines comme Dallas et Phoenix. Cette expansion prudente masque-t-elle en réalité une prudence imposée par la complexité du cadre légal ?
L’avenir des robotaxis dépendra-t-il plus des régulateurs que des ingénieurs ?
Ce partenariat avec Uber représente une première pour Zoox, mais le géant du VTC n’en est pas à son coup d’essai en matière de véhicules autonomes. Avec plus de 25 collaborations actives à travers le monde (de Waymo à Baidu en passant par Volkswagen et Pony AI), Uber tente de s’imposer comme la place de marché incontournable de l’autonomie. Mais alors, pourquoi cet intérêt soudain pour Zoox ? Est-ce l’arrivée d’un nouveau standard technique, ou bien la volonté de ne pas accuser de retard sur la prochaine vague de la mobilité urbaine ?
En coulisses, Uber multiplie les initiatives : création d’un département “AV Labs” pour collecter des données de conduite, et lancement récent de la division “Uber Autonomous Solutions” offrant services logiciels et opérations aux partenaires robotaxis. À la lumière de cette stratégie, Uber cherche-t-il à devenir le chef d’orchestre d’un futur écosystème autonome, ou à se prémunir contre l’ubérisation… de sa propre activité ?
Sur le plan réglementaire, l’équation est loin d’être simple. Zoox demande des dérogations à huit normes fédérales, y compris pour des équipements physiques essentiels comme le système de dégivrage du pare-brise et les essuie-glaces. La NHTSA sollicite l’avis du public durant 30 jours, mais la date de la décision finale reste imprévisible. Et pendant ce temps, la régulation américaine du secteur semble vouloir passer à la vitesse supérieure, d’après les propos récents du chef de la NHTSA Jonathan Morrison.
Morrison, lors d’une audition au Congrès, a affirmé vouloir dépasser la “rhétorique et le battage médiatique” pour enfin créer un cadre robuste pour les voitures autonomes. Malgré l’urgence et l’optimisme affichés, il reconnaît la complexité de la tâche. Alors, cette alliance Uber-Zoox est-elle le début d’une ère nouvelle, ou simplement une étape de plus dans le marathon réglementaire de la mobilité autonome ?
Source : Techcrunch




