« Pourquoi attendre la Lune quand on peut déjà viser les étoiles depuis son canapé ? » Dans la course effrénée des fusées, les nouveaux challengers ne viennent plus seulement de la Silicon Valley ou de la steppe kazakhe : l’Asie, elle aussi, veut ses fusées Made in Asia, et elle n’est pas venue pour faire de la figuration. Si SpaceX prépare la sortie boursière la plus explosive de l’histoire, d’autres acteurs rêvent déjà de décoller autrement. Et parfois, la réalité est moins star-spangled qu’on ne le croit : zoom sur Unastella, la star sud-coréenne qui brille loin des caméras… ou presque !
Unastella, startup basée à Séoul et haute de ses quatre années d’existence, vient d’accrocher une jolie étoile à son financement : 24 millions de dollars empochés en série B, avec un total qui atteint désormais les 44 millions. Mais au lieu de dépenser tout ça en t-shirts « Je peux voir ma fusée d’ici », les ingénieurs d’Unastella ont préféré lancer, en mai 2025, leur propre rocket, la UNA EXPRESS-I : un premier vol depuis le sol coréen, propulsé par… un moteur électrique. Oui, vous avez bien lu. Au pays du K-Pop, on fait aussi swinguer les moteurs de fusée.
La particularité de la bête ? Un moteur qui fonctionne au kérosène et à l’oxygène liquide (coucou la famille Falcon de SpaceX), mais qui ose le coup du turbo-pompe électrique style Rocket Lab — et là, ça décoiffe ! Certes, l’engin embarque moins de satellites. Mais Jae Park, fondateur de la boîte, assume : « On n’est pas un club de R&D qui veut construire la fusée la plus stylée, on veut juste aller vite sur le marché. » On l’aura compris, chez Unastella, on préfère faire simple — et surtout rentable — quitte à merder un peu la playlist Spotify des satellites.
La conquête spatiale est un marathon cosmique : savoir accélérer sans perdre le nord, c’est tout un art.
En coulisses, l’équipe (22 personnes, même pas besoin de baby-foot), gère tout elle-même : conception, fabrication, opérations… et même l’analyse des données de vol. Pas de « synergie agile des talents partenaires », non, ici tout est maison, comme une bonne soupe à la coréenne. Jae Park, lui, n’est pas un rookie : ex-KARI (les ingénieurs du lanceur coréen Nuri), allemand d’adoption le temps de booster des moteurs, puis startupper avant de voler de ses propres ailes. Bref, un parcours linéaire qui occupe de la Terre au ciel…
La confiture dans ce sandwich spatial ? Unastella ne gagne pas encore d’argent, mais les investisseurs sont là, Altos Ventures et toute la clique. La prochaine étape, le grand frisson : le lancement UNA EXPRESS-II, prévu l’an prochain, direction la ligne de Kármán et ses 100 km d’altitude. Atteindre cette frontière, c’est décrocher le badge d’astronaute, mais aussi, espère Park, se faire les meilleurs amis du secteur aérospatial coréen. D’ailleurs, le chemin se prépare avec la KASA (version coréenne du CNES), qui mise 266 millions de dollars sur la table pour muscler le spatial local.
Mais la Corée du Sud n’est pas seule à vouloir envoyer des « kimchi satellites » dans l’espace. Entre Hanwha Aerospace qui reprend le flambeau du programme national, Innospace et Perigee Aerospace qui rivalisent de plans sur la comète, et la concurrence féroce de tout le continent asiatique (avec un clin d’œil aux géants chinois et japonais), la bataille pour l’orbite basse s’annonce aussi épique qu’un drama coréen en 16 épisodes.
Pour finir, rappelons qu’en matière de technologies spatiales, ceux qui pensent que tout est perdu d’avance oublient parfois que là-haut, chaque gramme compte… et surtout chaque watt ! En attendant, Unastella n’a pas fini de nous faire tourner la tête : la prochaine fois que vous croiserez une étoile filante, demandez-vous si elle ne vient pas de Séoul. On vous laisse sur cette note cosmique : dans la fusée comme dans la vie, mieux vaut viser la lune… même si c’est parfois pour tomber sur un K-Pop Starship !
Source : Techcrunch




