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Credits image : Markus Winkler / Unsplash

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Machination financière : quand la défense rencontre la hype

« Quand je serai grand, je veux conquérir le monde. Ou au moins, lever 300 millions de dollars. » Si vous pensiez que les jeunes de 22 ans passaient leurs journées à swiper sur TikTok, préparez-vous à revoir vos préjugés. Ethan Thornton, le prodige qui a quitté le MIT à 19 ans (parce qu’un diplôme, c’est trop mainstream), vient de faire exploser la banque avec Mach Industries, sa start-up de la tech défense, en levant pas moins de 300 millions de dollars lors d’un tour de table C à 1,8 milliard de valorisation. Oui, vous avez bien lu, des chiffres qui donnent le tournis… et qui feraient même jalouser Elon Musk.

L’an dernier seulement, Mach ne valait « que » 470 millions de dollars. Un bond de géant presque aussi soudain qu’un lancement de fusée hypersonique, propulsé par des investisseurs de renom comme Bedrock Capital, Sequoia et Khosla Ventures. Cette fois, le peloton de tête était mené par Infinite Capital et Ribbit Capital, deux spécialistes du « deep tech » et du « fintech », qui n’hésitent pas à mettre la gomme là où ça chauffe, que ce soit sur l’IA ou dans la défense.

À l’origine de ce grand décollage : la soif de capital des armes autonomes, et la hype inarrêtable autour des drones depuis que l’actualité ukrainienne a mis la défense techno sur tous les radars des VC. Ajoutez à cela le fait que Thornton et son équipe de Huntington Beach, en Californie, jouent sur plusieurs tableaux avec pas moins de cinq véhicules autonomes en développement (du jet vertical — Viper — au drone chasseur de drones — Dart), et vous avez tous les ingrédients pour attirer les millions comme les moustiques près d’une lumière LED.

Dans la tech défense, les licornes galopent plus vite que les vieux briscards du secteur.

La cerise sur le missile : Mach n’a pas fini de surprendre. À peine le champagne du tour de table sabré, la startup décroche un contrat ultra-secret (et non, ce n’est pas une série Netflix) avec le ministère de la Défense pour inventer un sixième engin jamais dévoilé : un « strike aircraft » indépendant de piste pour la Navy. On nous murmure à l’oreille que ce géant ailé pourrait même trouver une seconde carrière dans le civil. Qui a dit que défense et business commercial ne faisaient pas bon ménage ?

Mais le coup de poker qui a achevé de séduire les investisseurs, c’est le rachat — pour 50 millions de dollars, SVP — d’Exquadrum, un spécialiste des moteurs-fusées. La pénurie de SRM (Solid Rocket Motor) fait rage, car les besoins explosent avec les drones, et seuls deux mastodontes, Aerojet et Northrop Grumman, tenaient le marché. Grâce à Mach, les délais d’attente pourraient enfin décoller vers de nouveaux horizons… et créer une nouvelle branche commerciale : Mach Energetics. Désormais, ils ne vendent plus que des armes, ils vendent aussi des moteurs, façon télé-achat high-tech.

Si la taille de l’entreprise a augmenté plus vite qu’un exosquelette sur boost (on est passé de 12 employés à 350 !), Thornton reste surtout fier de la vitesse de développement. D’ailleurs, il aime rappeler qu’alors que les géants du secteur mettent 4 ans pour fabriquer un moteur de jet, lui et sa bande l’ont fait en… 8 mois, montre en main. La nouvelle génération n’est pas là pour suivre la marche — elle la redéfinit.

Leçon du jour : ne sous-estimez jamais un drop-out du MIT avec une idée farfelue et beaucoup d’ambition. Le monde change, et Mach Industries n’est peut-être que le premier étage de cette nouvelle fusée. Car, pour paraphraser le CEO : il vaut mieux rater ses études que rater son décollage !

Source : Techcrunch

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