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Le capital-risque doit-il revenir à ses valeurs d’origine ?

Le capital-risque en Silicon Valley fonctionnerait-il mieux s’il revenait à ses fondamentaux ? En ces temps où les méga-rounds et les deals IA spectaculaires monopolisent l’attention, certains investisseurs choisissent de suivre une voie différente. Qu’est-ce qui motive Stacy Brown-Philpot, ancienne CEO de TaskRabbit, à emprunter un chemin à rebours des tendances dominantes ?

En lançant Cherryrock Capital, Brown-Philpot a décidé de s’intéresser à une catégorie de fondateurs souvent oubliés : ceux qui construisent des entreprises logicielles au stade de la croissance et qui peinent à attirer les gros investisseurs. Est-il encore pertinent de miser sur des tickets plus modestes, ciblant des phases stratégiques comme les Series A et B, à l’opposé de l’exubérance actuelle du capital-risque ?

L’approche de Brown-Philpot n’est pas née du hasard. Après dix ans chez Google et un passage remarqué à la tête de TaskRabbit, elle a constaté, notamment lors de son implication dans le SoftBank Opportunity Fund, combien la diversité des profils et des idées était sous-financée. Son retour à la vision d’un venture capital “à l’ancienne”, lent, sélectif et patient, est-il un choix d’opportunisme ou d’activisme économique ?

Face à l’uniformisation du capital-risque, certains fonds voient l’avantage de jouer la carte de la différence et du temps long.

Cherchant à investir dans 12 à 15 sociétés avec son premier fonds – un chiffre bien inférieur aux pratiques habituelles – Cherryrock se positionne à contre-courant, avec à peine cinq investissements en un an. Cette prudence, est-elle vraiment payante dans un monde où la rapidité est érigée en valeur cardinale ? Et pourquoi Brown-Philpot préfère-t-elle le terme « underinvested » à celui, plus politique, de diversité ?

La législation californienne va-t-elle rebattre les cartes du secteur ? La nouvelle loi de reporting sur la diversité, plus axée sur la transparence que sur la contrainte, semble avantager des acteurs comme Cherryrock, déjà en pointe sur le sujet. Selon Brown-Philpot, “on atteint ce qu’on mesure” : la collecte de données serait-elle, à terme, le levier d’une sélection plus équitable ?

Côté portefeuille, Cherryrock mise sur des profils hors-norme. Cody Coleman, à la tête de Coactive AI, ou Joseph Kitonga, fondateur de Vitable Health, montrent l’étendue des pari de Brown-Philpot : IA multimodale, santé connectée, assurance sur mesure. Pourquoi ces entrepreneurs, issus de milieux variés, incarneraient-ils davantage l’avenir de la tech que les stars habituelles de la Silicon Valley ?

Brown-Philpot ne promet pas la lune. Loin du rêve IPO, elle reconnaît que la plupart des start-up finiront rachetées – comme TaskRabbit, absorbée par IKEA. Est-ce là une vision plus réaliste, ou un renoncement à la “grandeur” classique du secteur ? Quelles sociétés attireront demain l’attention de Cherryrock et remodèleront, peut-être, l’écosystème ?

La méthode Cherryrock démontre-t-elle que la patience, l’inclusion et le “retour aux sources” du capital-risque pourraient rapporter autant – ou plus – que la chasse aux licornes IA ? Silicon Valley, ton futur se trouve-t-il dans le passé ?

Source : Techcrunch

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