« Pourquoi faire simple quand on peut racheter la moitié d’Internet ? » Voilà un proverbe que Bending Spoons, l’app-studio italien qui collectionne les acquisitions comme d’autres les magnets de frigo, semble avoir adopté à la lettre. Véritables Mario Bros de la tech, ils rafflent tout : Eventbrite, Vimeo, WeTransfer, Komoot, Evernote, même AOL a fini dans leur panier. Qui aurait cru que la dolce vita passerait par des tonnes d’apps et un soupçon d’audace boursière ?
Bending Spoons, ce n’est pas juste un assembleur de start-ups en détresse, c’est aussi un géant discret avec 500 millions d’utilisateurs mensuels, dont 9 millions qui payent (soit autant de personnes qui jurent qu’un abonnement de plus ou de moins ne changera rien à leur budget). Pour ceux qui comptent, sachez que ça fait plus de 50 entreprises avalées et digérées, comme un buffet à volonté de la Silicon Valley. Apparemment, leur algorithme secret, c’est « acheter, tailler, rentabiliser »…
Et les chiffres donnent raison à cette méthode presque spartiate : 1,31 milliard de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier, et déjà 601 millions pour le premier trimestre 2026, soit une progression de… 132% ! Grâce aux abonnements (84% des revenus), la machine Bending Spoons imprime les profits (27,4 millions rien que sur Q1 2026). Faut croire que les apps préférées des mobinautes ne sont pas seulement à télécharger, mais aussi à rentabiliser jusqu’au dernier pixel.
À force de racheter des apps, Bending Spoons transforme les canards boiteux en licornes galopantes.
Côté marchés financiers, c’est carrément la fête des zéros : valorisée 2,8 milliards en 2024, la société était déjà montée à 11 milliards l’an dernier. Selon Reuters, les fondateurs caressent désormais l’espoir secret (ou pas trop) de frôler les 20 milliards lors de leur IPO américaine cet été. On est loin de l’époque où la seule fierté d’un développeur italien était de terminer une pizza quatre saisons en solo.
Et si vous trouvez que ce gigantesque Monopoly sent la spéculation à plein nez, sachez que les investisseurs, eux, ne boudent pas leur plaisir. Baillie Gifford possède une grosse part, et Cox Enterprises, Durable Capital Partners, ou encore Fidelity ont aussi sorti leur carnet de chèques. Quand le public investira à son tour, la boule à facettes pourra briller de mille feux.
Bending Spoons a trouvé la recette magique : dénicher des pépites en crise, faire un peu de ménage dans les équipes, réinventer le modèle d’abonnement… et transformer les pertes en montagnes de cash. Qui a dit que le recyclage ne pouvait pas être ultra-lucratif ? À l’heure des IPO en série, l’entreprise italienne prouve que les plus gros succès sont parfois faits de petits bouts de start-ups recollés, façon collage artistique (ou puzzle 3D, pour les plus geeks).
En résumé, derrière son nom étrange, Bending Spoons n’a rien d’un ovni. C’est juste un serial-acquéreur avec une stratégie redoutable, et des ambitions à faire tourner les têtes et les portfolios. Si la tech était un restaurant italien, Bending Spoons serait ce chef capable de transformer les restes en un plat 3 étoiles… et de vous faire payer l’addition avec le sourire !
Source : Techcrunch




