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Credits image : Zulfugar Karimov / Unsplash

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Face à la menace grandissante des logiciels espions, peut-on vraiment protéger nos smartphones ?

Les journalistes, défenseurs des droits humains et dissidents politiques doivent-ils vraiment s’inquiéter d’être la cible de logiciels espions ultra-sophistiqués, autrefois réservés aux films d’espionnage ? Ces dernières années, la réponse semble malheureusement évidente : oui. Mais comment en est-on arrivé là, et que peuvent faire les utilisateurs pour se protéger ?

En janvier 2025, WhatsApp a alerté près de 90 utilisateurs, dont de nombreux journalistes européens, qu’ils étaient ciblés par le logiciel espion israélien Paragon Solutions. Quelques mois plus tard, Apple a également envoyé une alerte de sécurité à de nouveaux utilisateurs d’iOS ; des analyses ont confirmé que deux journalistes avaient été victimes de l’espionnage par le logiciel Graphite via une technique redoutable : l’attaque « zéro-clic ». Comment ces cyberattaques, loin d’être isolées, sont-elles devenues la nouvelle norme pour ceux qui osent remettre en question les pouvoirs en place ?

Les chercheurs en sécurité dressent le même constat : depuis quinze ans, les attaques étatiques contre les journalistes et ONG sont innombrables. L’arme ? Des outils extrêmement coûteux et invisibles, capables de prendre le contrôle de nos appareils, notamment les smartphones – véritables coffres-forts de nos vies quotidiennes. Mais qui finance et contrôle cette surveillance mondialisée, et peut-on encore parler de vie privée lorsqu’un logiciel espion permet d’écouter nos moindres conversations et de suivre chacun de nos déplacements ?

À l’ère de la surveillance numérique, la question n’est plus de savoir si nous sommes vulnérables, mais comment nous défendre.

Face à cette avalanche d’intrusions, les géants de la tech ont dû réagir. Apple, Google, Meta, mais aussi WhatsApp, proposent désormais des fonctions de sécurité destinées à protéger, autant que possible, les cibles potentielles. Mais ces protections sont-elles réellement efficaces ? Faut-il sacrifier un certain confort d’utilisation pour se mettre à l’abri ?

Apple a ainsi déployé le « Lockdown Mode » (Mode Isolement), activable facilement sur tous ses appareils. Bien que ce mode restreigne certaines fonctions du téléphone (blocage d’invitations, d’albums partagés, filtrage drastique d’iMessages, etc.), il affiche une solidité redoutable : aucune compromission connue à ce jour sur un appareil en mode Isolement, selon Apple et des chercheurs indépendants. Faut-il que chacun d’entre nous l’active en permanence, au risque de perdre en praticité ?

Chez Google, l’« Advanced Protection Program » verrouille l’accès aux comptes, ne tolérant que les applications triées sur le volet et nécessitant une clé de sécurité physique pour authentifier l’utilisateur. Android n’est pas en reste avec son « Advanced Protection Mode », intégrant une série inédite de défenses automatiques (blocage 2G, déconnexion Wifi non sécurisée, reboot automatique, analyse anti-malware). WhatsApp a suivi avec ses « Strict Account Settings » pour renforcer contrôle et confidentialité. Mais ces surcouches sécuritaires ne sont-elles pas vouées à la même course-poursuite sans fin contre l’innovation des cybercriminels ?

Pour les experts interrogés, et selon l’expérience des utilisateurs, ces dispositifs sont aujourd’hui l’unique parade crédible face à la sophistication des menaces étatiques. « Ces mesures sont gratuites, faciles à activer et constituent la meilleure protection à ce jour », affirme Runa Sandvik, chercheuse en sécurité spécialisée dans la protection des journalistes. Mais combien d’entre nous ont véritablement conscience de l’ampleur des risques et prennent la peine de changer leurs habitudes numériques ?

À l’heure où la menace semble évoluer aussi vite que les contre-mesures, la vraie question est désormais : ces défenses tiendront-elles vraiment tête à la prochaine génération de logiciels espions, ou sommes-nous condamnés à vivre dans une société sous surveillance permanente ?

Source : Techcrunch

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