« L’IA sur tous les chips, et la concurrence qui fait sauter les puces ! » L’air de rien, le paysage du calcul de l’intelligence artificielle s’apprête à recevoir une électro-frite digne d’un bon vieux match PSG-OM. Parce que oui, après des années de règne sans partage de Nvidia sur le front des puces et logiciels IA, voici débarquer une start-up frenchy prête à bousculer la donne : ZML met les pieds (et les circuits imprimés) dans le plat.
ZML, c’est un peu le Zorro masqué de l’IA made in France, adoubé par rien de moins que Yann LeCun, prix Turing et superstar de la discipline. La société vient de dévoiler ZML/LLMD, un serveur d’inférence pour gros modèles de langage (LLM pour les intimes), capable de faire turbiner ces modèles open source sur tout un tas de puces différentes : Nvidia, AMD, Google et sa fameuse TPU, Apple Metal, Intel Arc… Bref, tout sauf votre micro-ondes, mais il ne faudrait pas trop le tenter.
Derrière cette ambition, il y a un objectif simple mais pas si évident : casser le verrou des architectures fermées et des dépendances avec un seul fabricant. L’inférence – ce moment où l’IA réfléchit (ou hallucine un peu), prenant vos questions pour en pondre des réponses – est devenue le nerf de la guerre. Seulement, jusqu’ici, c’était un peu comme un Monopoly où Nvidia aurait tous les hôtels (et la banque dans la poche). Steeve Morin, fondateur de ZML, veut rendre les clefs du système à tous, pour laisser entreprise et cloud choisir les puces les mieux adaptées… et moins ruineuses ou énergivores.
L’IA devenue démocratique, c’est un peu comme avoir une carte graphique dans chaque botte de frites.
ZML mise non seulement sur le fait que diverses puces européennes méritent une chance (coucou Axelera, Fractile, Kalray, etc.), mais aussi qu’il est possible d’aller plus vite et plus loin, sans forcément vendre un rein pour une passe de calcul. La beauté de la chose ? Pour Morin, la nationalité compte peu, du moment que le logiciel peut « faire des choses jamais vues dans le monde ». Voilà une posture so french touch, mais pas chovin pour deux soudures.
Concurrence, vous dites ? Oh que oui ! L’inférence, c’est la ruée vers l’or du moment. À côté de ZML, on trouve de gros bras : Baseten, Inferact et RadixArk (pour ne citer qu’eux), tous bien décidés à faire carburer vos modèles préférés. Mais Morin ne compte pas se limiter, quitte à pousser la co-conception jusqu’au silicium, et à multiplier les innovations à la vitesse de ses 20 mousquetaires (l’équipe ZML, quoi). Rapidité, funding solide (merci Zenly et le carnet d’adresses), et des soutiens de poids : voilà la recette.
Petit aparté business : ZML/LLMD n’est pas open source mais (surprise) gratuit pour l’instant, histoire de comprendre comment les entreprises s’en saisissent. C’est une stratégie tout sauf bête, façon : plutôt tester grandeur nature que de rester le nez dans les benchmarks. L’idée, c’est de croître plutôt qu’avaler trop vite… On n’est pas chez Greedy AI, ici !
Alors, ZML va-t-il chiper (ah, ah) la couronne au géant Nvidia ? Peut-être, mais on sent que même la licorne californienne garde un œil sur le phénomène. Gloire à Paris, capitale mondiale du croissant… et qui sait, peut-être bientôt du calcul d’IA déverrouillé. Eh oui : ce n’est pas parce que la Silicon Valley a le soleil qu’on n’a pas, nous-aussi, des moteurs chis-pés.
Source : Techcrunch




