« Tenter de garder l’IA enfermée dans une boîte, c’est un peu comme essayer d’empêcher votre chat de grimper sur votre clavier : ça finit toujours par cliquer où il ne faut pas ! »
Vendredi dernier, effet de surprise garanti : la Maison Blanche a ordonné à Anthropic, le géant de l’IA, de couper l’accès mondial à ses modèles ultra-puissants Fable et Mythos – et ce, pas seulement pour les étrangers, mais même pour ceux installés aux États-Unis ! Une semaine plus tard, ces intelligences artificielles ont disparu plus vite qu’un smartphone oublié dans un Uber, laissant tout le monde dans le flou.
Derrière ce scénario à suspense, il y a un enjeu colossal : le gouvernement américain veut-il vraiment réussir à contrôler l’exportation de l’IA comme il a essayé (souvent maladroitement) de contenir le chiffrement et les logiciels espions avant elle ? La manière dont se terminera ce bras de fer façon « Game of Drones » donnera le ton pour les autres labos d’IA, et pourrait bien rédiger le règlement intérieur de l’intelligence artificielle en Occident.
Les tentatives de contenir la techno, c’est un peu comme bloquer une fuite d’eau avec du scotch : ça tient… jusqu’à ce que ça ne tienne plus.
Revenons à notre IA star du moment : Mythos, présentée par Anthropic comme un « ange ou démon numérique » capable, selon la com’, de sécuriser nos logiciels… ou de semer le chaos si elle tombait dans de mauvaises mains. Avant le ban, seules une poignée d’élus (150 entreprises et agences gouvernementales triées sur le volet) y avaient accès. Mais l’incident a démarré quand l’accès à Mythos s’est retrouvé entre les mains d’une société sud-coréenne, soupçonnée (selon Washington) de liens avec la Chine – rumeur que la société nie vigoureusement. Un petit bug d’Amazon (rappelez-vous, Fable 5 et ses failles de sécurité !) a fait transpirer la Maison Blanche, et bingo : en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Pare-feu », Anthropic a dû fermer boutique au galop.
Mais l’idée de contrôler la circulation des logiciels dangereux fait partie du folklore politique depuis belle lurette. On se souvient tous du fiasco « Pretty Good Privacy » (PGP) dans les années 90 : le gouvernement voyait le chiffrement comme une arme à interdire, jusqu’à ce que son créateur publie le code source… en livre, déclenchant les fameuses « Crypto Wars ». Résultat : aujourd’hui, nos applis de messagerie chuchotent leurs secrets à l’abri des oreilles indiscrètes, grâce à l’entêtement d’un ingénieur face à Big Brother !
Et ce n’est pas fini : dans les années 2010, scandales et révélations sur des logiciels espions occidentaux utilisés contre des militants du Moyen-Orient ont mené à la signature d’accords internationaux, comme l’Arrangement de Wassenaar. Ce traité visait à mettre un peu d’ordre mais, entre pays non signataires (coucou Israël !) et ceux qui ferment les yeux (l’Italie, championne du monde des licences douteuses), la réalité ressemble plus à un gruyère qu’à un vrai pare-feu, avec quelques victoires toujours largement éclipsées par les combines des plus malins.
En résumé : la saga Anthropic/Trump n’a, à l’heure où je vous parle, pas trouvé son clap de fin. Peut-être que Washington pliera pour éviter que l’IA américaine ne perde la course mondiale. Ou alors, nos startups devront demander la permission à l’État avant de vendre leur code à l’étranger (bonjour la paperasse et adieu la compétitivité) ! Une chose est sûre : si l’Histoire nous a appris un truc, c’est que réguler le flux numérique, c’est comme essayer de verrouiller Internet avec un cadenas… virtuel.
Alors, si demain l’IA décide d’écrire ses propres règles, souvenez-vous : à force de vouloir tout contrôler, on risque juste de finir par « se faire hacker » son propre règlement !
Source : Techcrunch



