Les véhicules autonomes américains roulent-ils vers un risque caché ? Depuis quelques mois, une question inquiète aussi bien politiques que spécialistes : les capteurs lidar chinois, omniprésents sur les voitures de demain, pourraient-ils servir de cheval de Troie au service d’espionnage ? Qui enquête vraiment sur ces risques, et que savent les constructeurs automobiles américains de cette menace ?
Au cœur de ce mystère : le Laboratoire National de l’Idaho, une entité du département de l’énergie, qui mène actuellement un audit de cybersécurité sur les capteurs lidar chinois. Mais qui a déclenché cette enquête, et pourquoi tant de secret ? TechCrunch révèle que des entreprises du secteur automobile et des véhicules autonomes financent l’étude, mais lesquelles ? Rivian, GM, Ford et même Uber affirment n’être au courant de rien. Pourquoi ce silence-radio ? Quelle est la véritable ampleur du dossier ?
Du côté des autorités, la défiance s’installe. Le laboratoire refuse de commenter, tout comme les deux géants chinois du lidar, Hesai et RoboSense. Faut-il y voir de la prudence ou une volonté de ne pas jeter d’huile sur le feu ? Et que pourraient révéler ces capteurs qui échappent pour l’instant à la surveillance américaine ?
Les capteurs lidar chinois, innovation ou menace invisible pour les routes américaines ?
La technologie lidar, plébiscitée pour cartographier précisément l’environnement des voitures autonomes, est aujourd’hui bien moins coûteuse grâce aux industriels chinois, faisant chuter le prix de 75 000 $ à quelques centaines de dollars. Pourquoi l’industrie américaine adopte-t-elle alors massivement ces capteurs étrangers, malgré l’opposition croissante du Congrès ? S’agit-il d’un choix économique poussé par la concurrence – ou d’un pari risqué sur la cybersécurité ?
Certains élus américains, comme la sénatrice Tammy Baldwin et le représentant John Moolenaar, n’hésitent plus : ils voudraient bannir ces capteurs, craignant qu’ils ne servent à collecter des données sensibles ou désactiver à distance des flottes entières. S’appuient-ils sur des preuves tangibles ou sur le simple principe de précaution ? Ont-ils raison de craindre des « portes dérobées » qui transmettraient nos secrets industriels à Pékin ?
Omer Keilaf, cofondateur d’Innoviz, voit deux dangers majeurs : la dépendance à une chaîne d’approvisionnement stratégique chinoise, et la possibilité de siphonner ou de bloquer les données recueillies par les capteurs. Des scénarios de science-fiction ? Peut-être pas : un bug logiciel chez Hesai au début de 2024 a déjà paralysé, le temps d’une journée, des véhicules autonomes.
Reste une question cruciale : l’avenir réglementaire, alors que les États-Unis restreignent déjà d’autres composants technologiques chinois. Le lidar tombera-t-il bientôt sous le coup de nouvelles interdictions ? Ou l’industrie réussira-t-elle à produire ces capteurs stratégiques en dehors de la Chine ? Les choix faits aujourd’hui façonneront le paysage automobile de demain.
Dans une industrie en pleine mutation, devons-nous sacrifier la sécurité au nom du coût ? Les automobilistes américains connaîtront-ils jamais les vrais risques que leurs véhicules connectés embarquent sur nos routes ?
Source : Techcrunch




