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Philippines : entre deux eaux, Salmon rafraîchit le prêt

« On ne prête qu’aux riches, mais avec Salmon, même les poissons rouges ont une chance ! » Voilà une punchline qui aurait bien pu sortir de la bouche de Pavel Fedorov, le cofondateur de la néobanque Salmon, dont l’intérêt pour le marché philippin fait des vagues bien au-delà de Manille. Car à défaut d’un compte en banque solide, ce n’est pas l’ambition qui manque aux millions de Philippins toujours « unbanked » : pour eux, le prêt personnel, c’est souvent Mission Impossible… mais sans Tom Cruise pour signer le chèque à la place.

Mais allons-y chronologiquement. Salmon, ce n’est pas (seulement) du poisson frais : c’est aussi une startup juteuse lancée par trois anciens de la fameuse banque en ligne russe Tinkoff, dont le vétéran local Raffy Montemayor. Après avoir quitté le paquebot russe en 2022, la fine équipe s’est jetée à l’eau avec l’idée que l’Asie du Sud-Est ne demande qu’à innover et, tant qu’à faire, à bousculer son bon vieux système financier à la papa.

On ne le soupçonne pas toujours, mais la jeunesse branchée de l’archipel n’a rien à envier à ses voisins numériques : fan des réseaux sociaux, la nouvelle génération philippine vit sur mobile… mais paie encore l’addition avec du cash, ou presque. Car les banques du coin, elles, traînaient un peu la patte – imaginez un paiement en ligne plus lent qu’un karaoké de ballade romantique à 3h du matin : c’est dire.

Salmon surfe sur la vague de la fintech pour pêcher ceux que la banque traditionnelle laisse sur le quai.

C’est là que Salmon pose ses filets. Objectif affiché : séduire les oubliés du système, jeunes sans dossier de crédit ou clients grimaceurs face aux bugs des banques classiques (coucou les fermetures de comptes inopinées). Pour ne pas perdre de temps, Salmon a acheté direct une petite banque rurale des années 60, histoire de décrocher la licence bancaire plus vite que son ombre. Depuis, ça emballe les nouveaux services : crédit renouvelable, prêts motos ou cash, dépôts juteux… il y en a pour tous les goûts.

Impossible, selon Fedorov, de faire mieux côté rapidité : vous voulez votre crédit moto ? On remplit le formulaire sur son téléphone, trois photos, une signature digitale… et bim, réponse en 20 secondes top chrono, votre engin prêt à rugir dès l’aube. Oubliez la paperasserie et les visites chez l’oncle du banquier ! Pour évaluer les clients, Salmon mise sur la data – du comportement à la réputation TikTok.

Leur super-atout : une période de grâce jusqu’à 62 jours sur leur crédit (zéro intérêt pour les bons payeurs), et des dépôts qui peuvent rapporter jusqu’à 8% chez Salmon Bank. De quoi donner envie de passer du cash au digital riz gras, non ?

Ce succès ne s’est pas fait sans gros moyens financiers : la dernière levée de fonds, habilement mixée entre capital frais et dettes bien ficelées, va permettre de muscler l’offre et, qui sait, de draguer d’autres marchés avant que les concurrents n’aient apprivoisé les bancaires locaux. L’équipe, sponsorisée par de beaux noms du capital-risque mondial, n’a visiblement pas fini de faire parler d’elle.

Finalement, le vrai défi de Salmon, ce n’est pas de nager à contre-courant : c’est de prouver à la fois aux investisseurs et aux Philippins que le poisson digital ne tourne pas en rond dans son bocal. Mais bon, vu les progrès, on croit que l’histoire va tourner à la success fish… euh, story !

Source : Techcrunch

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