« Atterrir sur la Lune, c’est facile. Rentrer dans le budget, c’est une autre histoire ! » Pour une génération entière, retourner sur la Lune n’était qu’un rêve lunaire un peu poussiéreux. Mais voilà que la NASA fait décoller sa nouvelle fusée, la SLS, le même jour où SpaceX entre en bourse. Décidément, les lancements et les marchés aiment l’apesanteur ! Mais dans cette odyssée spatiale made in 21e siècle, la réalité est bien plus complexe (et beaucoup moins linéaire) que le slogan d’une startup en orbite.
Petit voyage rétro, on remonte aux années Bush Jr., quand la NASA s’est mise en tête de rejouer les missions Apollo, mais version XXL. Spoiler : Orion et sa fusée gigantesque accumulent vite du retard… et des dépassements de budget dignes des meilleurs films de science-fiction. Pour sortir la tête de l’atmosphère, la NASA décide alors de miser sur le secteur privé et d’ouvrir les vannes du capital-risque. C’est ainsi que SpaceX passe de geek surdoué à poids lourd du secteur spatial, sous les applaudissements des financiers… et les soupirs des contribuables !
Résultat, aujourd’hui, la très costaud SLS propulse trois Américains et un Canadien plus loin que jamais autour de la Lune. Mais attention, la suite ne se jouera pas comme un traditionnel Houston VS Moscou. Cette fois-ci, c’est SpaceX contre Blue Origin, sous le regard amusé (ou peut-être inquiet ?) des anciens poids lourds Boeing et Lockheed, qui voient fondre leur monopole plus vite que les glaces au soleil.
La conquête lunaire n’est plus un duel, c’est carrément… une startup battle !
Ironie du sort : la NASA, malgré ses habits de pionnière, continue de faire confiance à l’ancienne équipe tout en lorgnant sur la nouvelle vague : SpaceX, Blue Origin, mais aussi des noms plus exotiques comme Firefly Aerospace ou Intuitive Machines. Un vrai mélange des genres où l’argent public finance la nostalgie, tandis que l’argent privé propulse l’innovation (et parfois l’improvisation). Et que serait une compétition digne de ce nom sans un bon vieux concours ? Dès 2027, la NASA testera qui de Starship ou du lander Blue Origin fera atterrir ses bottes les premières sur le sol lunaire. L’échec n’est plus permis sous l’œil scrutateur de la Chine, candidate bien décidée à planter son drapeau sur notre satellite avant 2030.
Le nouveau chef d’orchestre, Jared Isaacman — ex-milliardaire des paiements en ligne et astronaute amateur — apporte une touche disruptive en balayant les vieux projets comme la station Gateway. Place au « tout nouveau, tout privé » ! Exit les missions sur orbite coûteuses, bonjour à la prochaine génération d’extraterrestres businessmen. Musk est peut-être déjà en train de rédiger le business plan pour “Boulangerie Lunaire SA”.
Pour juger du côté dramatique de la chose (et un peu soap opera aussi), il faut voir comment les États-Unis misent leur prestige sur l’innovation made in Silicon Valley. L’industrie spatiale y est devenue le nouvel eldorado où l’on rêve de conquérir l’univers tout en maximisant son retour sur investissement. Après tout, pourquoi se contenter d’être roi sur Terre quand on peut régner aussi sur la Lune ?
La morale ? Dans la nouvelle guerre froide spatiale, pas question d’oublier que la réalité du marché peut parfois être… aussi instable qu’un atterrissage de sondes sur la face cachée. Une chose est sûre : sur la Lune comme à Wall Street, mieux vaut viser les étoiles tout en gardant les pieds sur Terre. Disons-le ainsi : à force de fusionner startups, fusées et rêves démesurés, on risque d’aboutir à une économie véritablement… « hors de ce monde ».
Source : Techcrunch



