Est-ce qu’un acteur émergent peut transformer le marché solaire résidentiel en Inde alors que tous les regards se tournent vers SolarSquare ?
Depuis plusieurs mois, les rumeurs courent sur une nouvelle levée de fonds significative pour SolarSquare, la jeune pousse indienne spécialisée dans les installations solaires sur les toits. Mais que cache vraiment cet engouement des investisseurs pour cette scale-up ? Pourquoi les géants du capital-risque B Capital et Lightspeed Venture Partners souhaitent-ils investir, cette fois, jusqu’à 60 millions de dollars et faire grimper la valorisation de SolarSquare à près d’un demi-milliard ? Faut-il y voir le signe d’un appétit grandissant pour le solaire résidentiel en Inde, ou un simple pari spéculatif ?
Ce qui intrigue, c’est la rapidité du phénomène : en décembre 2024, SolarSquare avait déjà attiré 40 millions de dollars lors de son tour de table précédent, et sa valorisation a doublé en moins de deux ans. Pourquoi cette accélération alors que le secteur reste, en Inde, très morcelé et souvent dominé par une myriade d’installateurs locaux ? Comment SolarSquare sort-elle du lot dans cette jungle de prestataires, où les marques puissantes (Tata Power, Waaree Energies) imposent leur réseau d’installateurs ?
SolarSquare veut devenir la plateforme de référence sur un marché où personne ne s’est encore imposé nationalement.
Est-ce le timing qui joue en sa faveur, alors que l’Inde vise un objectif de 500 gigawatts d’énergie renouvelable d’ici 2030, et que le solaire en portera plus de la moitié ? Le pays, désormais troisième producteur mondial d’énergie solaire, semble prêt pour un boom durable. Les politiques gouvernementales, avec des subventions sur-mesure, ne sont-elles pas le carburant idéal pour transformer ce potentiel en réalité ?
SolarSquare affirme avoir déjà électrifié près de 50 000 foyers et 400 coopératives d’habitation. Mais derrière les chiffres flatteurs, comment la société parvient-elle à se distinguer alors qu’elle réduit progressivement ses projets de toitures industrielles, moins rentables, pour se recentrer sur l’habitat ? Est-ce le modèle du « one-stop-shop » qui séduit : conception, installation, maintenance, et même quelques grands clients emblématiques comme Swiggy ou Zepto dans le tertiaire ?
Le chiffre d’affaires annuel dépasserait désormais 10 milliards de roupies et l’objectif des 200 mégawatts installés dans le résidentiel serait à portée de main. L’ascension fulgurante s’explique-t-elle par un savoir-faire technique, une organisation plus efficace, ou simplement par une conjoncture exceptionnelle ? Faut-il craindre un retournement si le marché se contracte, ou si les subventions diminuent ?
Face à ce silence radio des acteurs clés — ni SolarSquare ni ses investisseurs n’ont souhaité commenter — la question demeure : l’Inde connaîtra-t-elle bientôt son premier géant national du solaire citoyen, ou le marché restera-t-il un puzzle dispersé de petits opérateurs régionaux ?
Source : Techcrunch




