« Il ne faut jamais remettre au lendemain ce que l’on peut bugger aujourd’hui ! » Voilà une maxime que tout développeur se répète en débuguant à 3h du matin mais qui, désormais, prend un sens tout nouveau à l’ère des boucles d’agents IA. Vendredi dernier, à la conférence @Scale de Meta, Boris Cherny, le cerveau derrière Claude Code, débarque et – surprise – la toute première question du public concerne… les boucles ! Non, pas celles du café matinal ou des lacets défaits, mais celles qui font tourner nos IA en rond, pour notre plus grand bonheur (ou cauchemar ?).
« Les boucles, c’est le prochain hype, ou c’est du solide ? » lance un participant. À ceci, Cherny répond, sans sourciller : « Elles sont totalement réelles, et pas juste une passade à la mode ! » Selon lui, oublier les boucles serait presque un sacrilège. Après tout, il y a deux ans, on écrivait encore notre code à la main (comme des artisans barbus du digital). Puis on a laissé les agents IA coder à notre place. Désormais, cerise sur le gâteau de l’automatisation, on file les rênes à des agents qui… pilotent d’autres agents pour écrire le code. À ce rythme-là, bientôt, même nos mugs “Je suis ton boss” seront dirigés par une IA superviseuse !
Dans sa conférence (jeter un œil à la vidéo, minute 32:00 pour les pressés), Cherny explique sa propre tambouille : un agent scrute l’architecture pour l’élever au rang d’œuvre d’art, un autre chasse les duplications pour unifier tout ce petit monde. Ils proposent leurs changements via des pull requests, et ces agents ne s’arrêtent jamais de tourner, même pas pour une pause caféine.
Un agent qui tourne en boucle, c’est bien, mais s’en passer, c’est se priver d’un turbo pour l’IA collaborative.
Cependant, gare à l’illusion de la nouveauté ! Les amateurs de cours d’informatique qui ont survécu à leur première recursive loop (ou “fonction qui s’auto-invite à l’infini jusqu’à trouver une bonne excuse pour arrêter”) lèveront un sourcil : rien de bien nouveau, doctor Watson ! Simplement, la même logique est ici confiée à une armée d’agents non déterministes. D’ailleurs, impossible de manquer l’incontournable Ralph Loop (un petit clin d’œil à Ralph Wiggum pour les Simpsonophiles), cette astuce qui consiste à demander à l’IA si elle a atteint son objectif ou si elle doit repartir pour un tour. Bref, au royaume de l’IA, la persévérance est reine même quand le chemin se perd…
Regarder les boucles comme un prolongement des tests à la volée, c’est aussi comprendre que, comme Noam Brown (OpenAI) l’a judicieusement noté, nos modèles sont (presque) capables de résoudre n’importe quoi, pour peu qu’on leur jette assez de puissance de calcul à la figure. Améliorer une base de code, c’est du hill-climbing pur : chaque petit agent propose une modification, et on grimpe, grimpe, jusqu’à ce qu’on atteigne le sommet (ou qu’on crame la batterie de l’ordi, au choix).
Mais voilà le hic : ce genre de moulin IA n’est pas qu’un monstre de calcul, c’est aussi un avaleur de tokens affamé. Si vous pensiez que discuter avec ChatGPT pouvait faire chauffer la facture, imaginez un essaim d’agents qui calculent en continu, sans s’arrêter ni demander de pause cigarette ! Anthropic (société mère de Claude Code) se frotte les mains, mais pour le commun des mortels, ça peut vite tourner à la ruine façon codeur fin de soirée.
Alors, est-ce la petite révolution discrète de l’agence IA ou simplement une boucle de hype en devenir ? Cela dépendra de la régulation, de la surveillance et, surtout, d’une utilisation intelligente qui ne finira pas par boucler… sur la ligne de crédit du développeur.
Finalement, dans ce nouveau monde de l’IA qui se met à tourner en boucle, une chose est sûre : avec tant d’agents à l’œuvre, il vaut mieux que le bug ne boucle pas trop longtemps… sous peine de voir la révolution tourner à vide. À méditer : « Dans une boucle, quand l’IA perd le fil, c’est souvent l’humain qui se fait boucler ! »
Source : Techcrunch




