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Credits image : Manny Becerra / Unsplash

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Tesla est-elle encore un constructeur automobile ou une entreprise d’IA en devenir ?

La question fondamentale se pose : Tesla est-elle encore vraiment un constructeur automobile, ou assiste-t-on à une métamorphose bien plus profonde orchestrée par Elon Musk ? Si l’entreprise vend encore près d’un demi-million de voitures par trimestre, pourquoi le discours du PDG semble-t-il de plus en plus détaché de la réalité industrielle et financière de la marque ?

Depuis plusieurs années, Elon Musk martèle que Tesla doit être perçue comme une entreprise d’intelligence artificielle et de robotique, bien plus qu’une simple marque de voitures. Que cache ce changement radical de narratif ? Veut-il détourner l’attention des difficultés que rencontre Tesla sur le marché automobile, notamment face à la concurrence chinoise et à l’essoufflement de la croissance ?

Pour comprendre ce virage stratégique, TechCrunch et le cabinet Hudson Labs ont analysé les conférences téléphoniques trimestrielles de Tesla depuis 2019, passant au crible des années d’allocutions pour détecter l’évolution du discours des dirigeants. Selon les données recueillies grâce à un outil d’IA de haute précision, Musk consacre aujourd’hui près de 50% de ses interventions à parler de robotaxis, de conduite autonome et d’IA. Cette obsession est-elle sincère, ou s’agit-il d’un écran de fumée pour masquer un ralentissement du cœur de métier traditionnel ?

Musk semble miser sur l’avenir de Tesla dans l’IA pour relancer la machine, tout en réduisant l’intérêt accordé à la voiture elle-même.

Le contraste est frappant : il y a encore deux ans, ces thématiques ne représentaient que 15 à 20% de ses discussions. Parallèlement, les sujets liés à la voiture et à la production ont progressivement cédé la place dans ses discours. Est-ce le signe d’une prise de risque visionnaire, ou d’une fuite en avant ? Le projet de robot humanoïde Optimus, dévoilé en 2021, n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette nouvelle lubie de Musk, qui y consacre aujourd’hui près d’un tiers de ses interventions. Mais où en sont réellement ces promesses d’autonomie totale et de robots assistants ?

Les autres dirigeants de Tesla, eux, peinent à suivre l’excitation technologique de leur patron. Le directeur financier, Vaibhav Taneja ou le vice-président de l’ingénierie, Lars Moravy, persistent à accorder environ 30% de leurs interventions aux voitures, bien que leur intérêt pour l’IA soit en hausse. Faut-il y voir un signe de réserve sur la viabilité financière des paris robotiques de Musk, ou tout simplement un décalage temporel dans leur stratégie ?

Cette évolution du discours intervient alors que la rentabilité des innovations que Musk met en avant n’est pas encore démontrée. Pour l’instant, la majorité des revenus de Tesla provient toujours de la vente de voitures. Pourtant, Taneja, fidèle à la vision de son chef, tient un discours grandiloquent sur la nécessité de « prendre des paris audacieux » pour bâtir un avenir de prospérité. La vraie question est : les investisseurs suivront-ils encore longtemps, ou finiront-ils par exiger des résultats concrets ?

À mesure que Tesla glisse progressivement de la route vers le monde de l’IA, est-ce bien l’entreprise visionnaire que Musk promet à ses actionnaires, ou se dirige-t-on simplement vers un récit technologique séduisant mais déconnecté du terrain ?

Source : Techcrunch

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