Les fils de discussion, le clone Twitter de Meta, qui vient d’être lancé cettte semaine, est-il appelé à rivaliser avec Twitter, malgré un contenu réglementé ? N’est-il pas le révélateur d’une évolution problématique dans le secteur des réseaux sociaux ?
Avec 30 millions de téléchargements en moins d’une journée de lancement, les Fils apparaissent comme un concurrent sérieux à Twitter par leur nombre d’utilisateurs. Ne suis-je pas la seule à m’interroger sur la rapidité fulgurante avec laquelle ils se sont imposés ?
Ces Fils doivent notamment leur popularité à leur intégration à Instagram. En effet, n’est-il pas plus facile d’être automatiquement abonné à tous ceux que l’on suit déjà sur Instagram, sans devoir recommencer à zéro? De même, les utilisateurs n’ont pas eu besoin de se familiariser avec de nouvelles fonctionnalités puisque l’interface est presque identique à celle de Twitter. N’est-ce pas un avantage incontestable dans l’attraction de nouveaux utilisateurs ?
Des tweets ennuyeux, une intégration avec Instagram et aucune garantie d’anonymat : Threads est-il voué à n’être qu’une version édulcorée de Twitter?
Contrairement à d’autres alternatives à Twitter, comme Bluesky et Spill, Threads est accessible à tous ceux qui ont un compte Instagram. Nul besoin de creuser des codes d’invitation, ou de s’inscrire avec désespoir sur une liste d’attente. Threads n’est-il pas le phare d’espoir au milieu de l’implosion de Twitter ?
Mais tout n’est pas rose pour Threads. Malgré cette incroyable montée en puissance, ces Fils d’Instagram peuvent être considérés comme extrêmement fades, notamment à cause d’une application stricte des directives puritaines de la communauté Instagram. Cela ne pose-t-il pas problème pour séduire la communauté Twitter ?
Pour Threads, il est interdit de montrer la nudité et d’autres types de contenu explicitement sexuel. Si cela fait de Threads une plateformes aux posts peu intéressants comparés à ceux de Twitter, n’y a-t-il pas un risque d’injustices dans l’application de ces règles par Instagram qui est notoirement connu pour la censure disproportionnée des femmes noires, des utilisateurs plus âgés, et des personnes transgenres et non-binaires ?
Threads est-il destiné à être une version aseptisée de Twitter qui mande les fonctions les plus inefficaces de cette plate-forme tout en étouffant la culture des posts qui a fait l’unicité de cette plateforme? Pour réussir, ne devrait-il pas permettre un certain degré de séparation entre les utilisateurs et leur public pour que les communautés existent?
Si la modération de Twitter a souvent été décriée pour son application disproportionnée, Threads avec sa censure lourde de sens n’est pas plus attirante pour les utilisateurs réguliers de Twitter. N’est-ce pas une mauvaise nouvelle pour le potentiel de croissance des Fils d’Instagram ?
Source : Techcrunch




