La conquête de la Lune entre-t-elle dans une nouvelle ère nucléaire? Alors que le budget de la NASA est violemment réduit par l’administration Trump, pouvons-nous croire que l’agence spatiale américaine ose malgré tout viser la construction d’un réacteur nucléaire sur la surface lunaire d’ici 2030?
Pourquoi une telle urgence à initier ce projet risqué et coûteux alors même que les ressources sont en chute libre ? Les réponses semblent converger vers la compétition menée tambour battant par la Chine et la Russie. Pékin prévoit d’envoyer ses astronautes fouler le régolithe lunaire dans la même décennie et, qui plus est, veut y installer son propre réacteur nucléaire… avec l’aide potentielle de Moscou. Face à ce duo, la NASA craint-elle de voir ses ambitions définitivement compromises?
Le nucléaire, atout indispensable ? Les nuits lunaires, qui s’étirent sur deux longues semaines, rendent les panneaux solaires totalement inopérants sur la moitié du mois. Certaines zones en permanence dans l’ombre excluent même tout recours à l’énergie solaire, condamnant toute velléité de base permanente… sauf à franchir le Rubicon atomique. Mais à quel prix, et avec quels risques techniques et humains ?
« Le bras de fer pour la construction du premier réacteur lunaire pourrait redéfinir la hiérarchie des puissances spatiales. »
La question technique persiste cependant : comment acheminer, puis enterrer un générateur nucléaire – peut-être alimenté à l’uranium – et assurer que ce soit sans danger pour les astronautes face aux radiations? Les experts évoquent la possibilité d’enfouir le réacteur sous la surface lunaire, mais ce scénario soulève-t-il plus de questions qu’il n’apporte de réponses pratiques pour l’instant?
Le programme spatial américain se trouve désormais à un carrefour : non content de viser la Lune, la NASA veut aussi remplacer l’actuelle Station spatiale internationale – vouée à sombrer dans l’océan d’ici 2030 – par une infrastructure potentiellement privée, pourquoi pas avec l’appui de Blue Origin, la société spatiale de Jeff Bezos. Que se passerait-il, toutefois, si les Américains rataient la coche? D’ici là, la Chine pourrait alors opérer la seule station spatiale habitée en permanence…
Tandis que la priorité américaine se déplace résolument vers l’aventure humaine – la Lune, puis Mars – certains s’inquiètent du revers de médaille : le financement des missions scientifiques serait, lui, délaissé. Quel avenir pour les projets de recherche si toute la lumière se braque sur la course au drapeau?
Poussée par un climat géopolitique incandescent et des rivalités dignes de la guerre froide, la NASA joue-t-elle la carte du nucléaire par nécessité stratégique ou par bravade politique? Le rêve lunaire ne risque-t-il pas de se transformer en cauchemar… atomique?
Source : Mashable




