Sommes-nous en train d’assister au début de la fin pour la domination de Tesla dans le secteur des véhicules électriques ? Alors que l’entreprise lançait il y a peu ses modèles comme des symboles de l’innovation automobile, qu’est-ce qui explique aujourd’hui la baisse persistante de ses ventes mondiales ?
En 2025, Tesla a enregistré une livraison globale de 1,63 million de véhicules, soit une baisse de 9% par rapport à l’année précédente. Parmi ces ventes, environ 50 850 véhicules étaient des modèles plus marginaux, tels que le Cybertruck, la Model X ou la Model S. Ce recul marquant, pour la deuxième année consécutive, ne relève-t-il que de la conjoncture économique ? Ou s’agit-il d’un signal que quelque chose de plus profond s’opère dans l’industrie automobile électrique ?
La publication de ces chiffres en a surpris plus d’un : au quatrième trimestre, seulement 418 227 véhicules écoulés, soit une chute de 15,6% sur un an, bien en-dessous des attentes des analystes. Et la bourse ne s’y est pas trompée : l’action Tesla a chuté dès la reprise après les vacances du Nouvel An. Pourquoi ce désamour soudain ? Est-ce uniquement la faute à la suppression du crédit d’impôt fédéral américain, qui accordait jusqu’à 7 500 dollars d’aide sur l’achat de certains modèles électriques, ou la concurrence chinoise joue-t-elle un rôle nettement plus stratégique ?
Les mauvais chiffres s’accumulent tandis que la pression internationale s’accentue sur le géant américain.
La réponse est loin d’être manichéenne. D’un côté, la fin du crédit d’impôt a transformé le troisième trimestre en sprint de ventes record – près de 500 000 unités écoulées alors que les consommateurs se précipitaient avant la fin de l’avantage fiscal. Mais une fois ce levier épuisé, la demande s’est effondrée, mettant en lumière la fragilité de la stratégie de Tesla face aux changements réglementaires. De l’autre côté du globe, la montée en puissance des constructeurs chinois, comme BYD désormais leader avec 2,26 millions de ventes, a ébranlé l’équilibre mondial, alors même qu’ils restent absents du marché américain pour des raisons politiques.
Face à ces revers, Elon Musk tente de repositionner Tesla au-delà de la simple fabrication de voitures électriques. Ainsi, il vante l’avenir de l’entreprise dans l’intelligence artificielle et la robotique, tout en poussant le concept de “prospérité durable” qui figure en bonne place dans le récent Master Plan IV de Tesla. Ce virage stratégique peut-il compenser la dépendance financière à la vente de véhicules électriques, qui représentait encore 21 des 28 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre 2025 ?
Malgré les projections audacieuses de Musk pour l’écosystème Tesla – incluant transport, énergie et stockage –, la réalité est tenace : la grande majorité des revenus provient encore de la vente de modèles électriques. Peut-on ainsi croire que le pari sur les technologies de demain réussira à inverser la tendance, ou bien Tesla se prépare-t-elle à devenir une entreprise à deux vitesses, tiraillée entre ses ambitions de rupture et la solidité de son marché historique ?
Reste à savoir si les prochains mois confirmeront ces signaux d’alarme ou offriront à Tesla les moyens de rebondir face à la concurrence et aux fluctuations politiques. La stratégie d’Elon Musk, axée sur la diversification vers l’IA et la robotique, offrira-t-elle réellement la bouffée d’oxygène espérée, ou l’entreprise multiplie-t-elle les paris risqués pour masquer une réalité plus préoccupante ?
Source : Techcrunch




