Comment les plans d’expansion de Waymo bousculent-ils vraiment nos villes et notre rapport à la sécurité ? L’un des leaders dans l’univers des voitures autonomes, la filiale d’Alphabet, ne cesse d’étendre son territoire. Après avoir annoncé la phase de tests à Philadelphie et la collecte de données en conditions réelles à Baltimore, St. Louis et Pittsburgh, n’est-il pas temps de s’interroger sur le rythme et la prudence de ce déploiement ? Avons-nous une vision assez claire de la façon dont Waymo choisit ses villes et ses processus de déploiement à grande échelle ?
Waymo refuse de donner un calendrier précis pour l’ouverture de ses services commerciaux dans ces villes nouvellement ajoutées à la liste. Faut-il y voir une stratégie de discrétion face à des défis locaux imprévus, ou une incertitude sur la capacité de l’écosystème urbain à absorber cette nouvelle forme d’automobilité ? Dans d’autres métropoles comme Atlanta ou Austin, la société a scellé des partenariats avec Uber, comme si l’alliance était la clé pour rassurer les usagers… mais le vrai bénéfice pour le public reste-t-il clair ? Les promesses d’avenir sont alléchantes, pourtant, la transparence sur la collaboration avec les acteurs locaux est-elle suffisante ?
Ce qui frappe, c’est l’ambition. Plus de 20 villes figurent désormais sur la carte Waymo, entre tests, lancement commercial imminent ou simple expérimentation. La barre du million de trajets hebdomadaires d’ici 2026 semble un objectif vertigineux. Est-ce là un cap réaliste ou un simple coup de communication ? Surtout, la société s’engage à prouver que ses véhicules sont cinq fois plus sûrs que les conducteurs humains, s’appuyant sur des données récentes publiées à cet effet. Mais jusqu’où peut-on faire confiance à ces chiffres et à la méthodologie employée ?
Waymo promet la sécurité, mais les faits sur la route bousculent ce storytelling ambitieux.
Les ambitions de Waymo ne sont toutefois pas à l’abri de remous. L’autorité américaine du transport routier (National Highway Traffic Safety Administration) a lancé une enquête sur la façon dont les robotaxis de la marque interagissent avec les bus scolaires, après qu’une vidéo ait montré l’un de ces voitures contournant un bus arrêté à Atlanta. Était-il question d’un bug isolé ou d’un problème plus systémique ?
L’affaire ne s’arrête pas là. Un média d’Austin a récemment mis en lumière des images montrant, pas moins de 19 fois sur l’année, des véhicules Waymo dépassant illégalement des bus en train de faire monter ou descendre des enfants – y compris après des mises à jour logicielles censées corriger ce comportement. Ces événements remettent-ils en cause notre confiance dans le progrès fulgurant des voitures sans conducteur ? Le passage de l’innovation à l’échelle industrielle ne requiert-il pas une vigilance accrue, notamment dans un écosystème citadin complexe et vivant ?
Avec autant d’enjeux de sécurité, d’impacts sur la mobilité urbaine et de questions de confiance à la clé, la stratégie d’expansion de Waymo pourrait-elle connaître un revers ? La promesse d’un million de trajets hebdomadaires à l’horizon 2026 paraît-elle réaliste ou simplement risquée ?
En définitive, faut-il saluer l’audace de Waymo ou redouter la précipitation dans cette nouvelle ère du transport urbain automatisé ?
Source : Techcrunch




