Totoro, des Data Centers et des Bus : les embouteillages de l’innovation

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Totoro, des Data Centers et des Bus : les embouteillages de l’innovation

L’Amérique s’échauffe sur le front des data centers, la Silicon Valley caresse le cloud et l’Inde pimp son bus pour la génération connectée pendant qu’au Japon, on préfère Ghibli à ChatGPT pour la poésie. Derrière ce foisonnant patchwork d’actualités, se dessine un fil rouge : jusqu’où courraons-nous, grisés par l’innovation, sans nous perdre dans les embouteillages numériques, la pollution sous-jacente et la tentation permanente de grignoter un peu plus les frontières du bon sens (et du copyright) ? La data est la nouvelle Route 66 : tout le monde veut y circuler, mais personne ne veut la voir traverser son salon ni ses œuvres préférées.

Où l’on réalise que les autocars connectés d’Inde surfent sur la migration urbaine avec une technologie qui, ironie suprême, dépend de serveurs tapis dans des hangars américains décriés pour leur insatiable appétit énergétique. L’expérience optimisée par la donnée, l’algorithmie radieuse pour assigner un siège moelleux ou choisir le bon hub, n’est possible que par la prolifération de ces monstres de béton et de GPU qui allument à la fois espoirs et foyers de rébellion écolo au pays du cheeseburger. Comme quoi, même pour aller d’Ujjain à Mumbai, il faut l’approbation de Memphis ou du Michigan.

Ailleurs, la magie made in Japan menace de s’évaporer dans les nuages de l’intelligence artificielle : OpenAI préempte les mondes de Ghibli et fait de la forêt des Kodama un panthéon de pixels, répliquant le pillage énergétique des data centers, mais dans le paysage mental des artistes. L’algorithme pompe l’inspiration à l’envi, alimenté par des serveurs transatlantiques, pendant que Miyazaki bâille d’ennui devant cette « créativité » automatisée. Les frontières idéologiques et technologiques se brouillent : à l’ère de la donnée reine, tout devient matière première – qu’il s’agisse de vos rêves d’enfants, de vos allers-retours en bus, ou de l’air que vous respirez à Memphis.

La technologie, c’est le bus qui renverse tout sur son passage, même les tabous du copyright et les frontières de l’écologie.

Mais la contestation s’infiltre partout. Les géants de la data sont forcés de trekker avec prudence sous le regard suspicieux des citoyens et des artistes : aux États-Unis, la vindicte écologique bloque les projets à coups de classements ESG et d’actions de justice ; au Japon, on dégaine le copyright comme on invoquerait une malédiction shintoïste sur les apprentis sorciers du deep learning. Même l’autocar d’IntrCity, en quête permanente de rentabilité et d’optimisation, sent le vent tourner : l’expérience utilisateur reste le maître-mot – tant mieux – mais n’est-ce pas juste un new deal pour faire avaler la pilule technologique ?

Les promesses de l’IA, des data centers et du transport ultra-connecté se fracassent sur les récifs du social, du juridique et du climat, mais aussi sur la question existentielle : qui, demain, aura vraiment le droit de voyager, de rêver, de créer ? Tant qu’on ne se demande pas si le progrès c’est de rouler à toute vitesse ou de savoir où l’on va, les luttes repeindront la Silicon Valley, Bollywood ou Akihabara d’une même couleur : celle du doute et de la reconquête du sens. Alors, prochaine escale : l’humain ou le back-up ?

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