« Pourquoi utiliser 17 outils quand un seul fait (presque) tout ? » Cette question, un peu farfelue mais pleine de bon sens, pourrait bientôt résonner dans les couloirs aseptisés des entreprises du monde entier. Après des années à jouer à la « roulette de l’IA », les grands groupes semblent déterminés à arrêter les frais et à miser sur quelques valeurs sûres. Le Far West technologique laisse la place à l’investissement ciblé. Eh oui : parfois, il vaut mieux miser sur le cheval qui galope que sur le troupeau qui broute.
Récemment, TechCrunch a fait appel à une armée de 24 investisseurs spécialisés dans l’univers des entreprises et, surprise (ou pas), ils sont quasi unanimes : 2026 sera l’année où les budgets IA vont croître. Mais attention, ce n’est pas open bar : la tendance sera à la concentration, pas à la multiplication des contrats. Traduisez : l’entreprise moyenne va arrêter d’arroser tous les potagers d’outils IA, pour bichonner ceux qui sortent vraiment des carottes dorées.
Andrew Ferguson, vice-président chez Databricks Ventures (et, probablement, champion du tri sélectif dans l’open space), anticipe d’ailleurs une grande séance de ménage : « Aujourd’hui, tout le monde teste tout et n’importe quoi, mais demain, seuls quelques élus resteront dans la course. On coupe les budgets d’expérimentation, on rationalise, et on investit lourdement dans les technologies qui ont vraiment fait leur preuve. » Finie la collectionnite !
Petit à petit, les entreprises vont ranger la salle de jeux IA : place aux solutions vraiment rentables.
Rob Biederman, grand manitou chez Asymmetric Capital Partners, pousse le bouchon plus loin : il voit venir, non seulement une sélection au sein de chaque organisation, mais carrément une hécatombe sur le marché global. Seul un tout petit club de fournisseurs IA captera la majorité des budgets ; pour les autres, ce sera le régime salade… sans assaisonnement.
C’est Scott Beechuk de Norwest Venture Partners qui synthétise le mouvement : les entreprises vont d’abord dépenser dans ce qui rend l’IA utilisable et sûre, histoire de dormir sur leurs deux oreilles (ou, pour les insomniaques, sur une seule au moins). Au menu pour les DSI : fondations de données béton, optimisation post-apprentissage des modèles, et… rationalisation des outils, bien sûr ! Bref, moins de SaaS, plus d’intelligence – et surtout des ROI qui donnent le sourire jusqu’aux oreilles du board.
Mais attention, le jeu de la chaise musicale a ses perdants : pour les startups IA, l’heure n’est pas à sabrer le champagne. Si vous proposez LA solution hyper spécifique bâtie sur des données uniques, tout va bien, la lumière est au bout du tunnel. Mais si vous vendez « la même chose que Salesforce, mais en plus… euh… pareil », préparez-vous à voir disparaître les contrats d’expérimentation plus vite que la batterie d’un vieux smartphone sur TikTok.
D’ailleurs, les investisseurs confient qu’ils gardent leur biscotte pour les startups qui savent creuser leur « fossé de défense » : des données propriétaires, des technos vraiment difficiles à copier par les géants… Bref, il va falloir muscler son jeu si l’on veut continuer à croquer dans le gâteau (ou juste récupérer les miettes).
Alors, 2026, année de la maturité IA ? Si certains éditeurs vont pouvoir faire péter le budget champagne, beaucoup devront se consoler avec de l’eau tiède… Après tout, dans l’intelligence artificielle, mieux vaut compter sur ses circuits que sur un coup de circuit !
Source : Techcrunch




