Que s’est-il passé pour que Rad Power Bikes, l’un des pionniers du vélo électrique, doive déposer le bilan malgré une popularité qui semblait inébranlable il y a à peine quelques années ? L’annonce de leur dépôt de bilan sous le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ce lundi, a surpris nombre d’acteurs du secteur. Y a-t-il eu un accident industriel ou s’agit-il d’un nouveau symptôme d’une industrie malade ?
La société, qui continuera à fonctionner au cours de la procédure, cherche désormais à se vendre sous 45 à 60 jours selon un porte-parole. Mais pourquoi une telle urgence ? Est-ce la fin d’une aventure commencée dans la ferveur de la mobilité verte ? D’après Rad Power, il s’agit simplement de maximiser les chances de survie de l’entreprise et de préserver les liens avec clients, partenaires et fournisseurs. Mais à quel prix, et avec quelles garanties pour ses salariés ?
Rad Power Bikes n’est pas seule dans ce naufrage. D’autres géants du secteur, comme VanMoof et Cake, ont déjà sombré avant d’être récupérés par de nouveaux propriétaires. Doit-on considérer cette vague de faillites comme une fatalité post-pandémique, ou y a-t-il des faiblesses structurelles dans le modèle de ces entreprises ? Les cas de VanMoof et Cake montrent qu’un retour est possible, mais à quel coût pour la marque et les clients historiques ?
Malgré les difficultés, tous les espoirs ne sont pas encore perdus pour Rad Power Bikes et le secteur du vélo électrique.
En novembre dernier, Rad Power affirmait pourtant qu’un “deal prometteur” était sur le point d’aboutir, mais le silence entourant son échec interroge. Était-ce vraiment la planche de salut tant espérée ? Un autre coup dur n’a pas tardé : les batteries de certains modèles ont fait l’objet d’une alerte incendie majeure, qualifiée par la marque de “caricature” excessive… Mais cet épisode a-t-il contribué à précipiter la chute ?
Depuis quelques temps, Rad payait déjà un lourd tribut aux soubresauts du marché. Entre licenciements à répétition, valses de dirigeants et abandon du modèle tout-direct-consommateur au profit du retail, la société semblait chercher en urgence sa planche de salut. Faut-il y voir une stratégie lucide ou un sauvetage désespéré ?
Sur le plan financier, les chiffres sont éloquents : 32 millions de dollars d’actifs contre 73 millions de dettes. Parmi elles, plus de 8 millions dus à l’administration américaine des douanes – une ardoise contestée, mais écrasante. Les droits de douane hérités de l’ère Trump ont-ils condamné Rad Power à la faillite, comme ils l’avaient fait pour Boosted et sa planche à roulettes électrique ?
Finalement, ce naufrage appelle une réflexion sur la pérennité des modèles économiques dans la mobilité électrique, mais aussi sur l’impact des réglementations internationales. Est-il encore possible, aujourd’hui, de bâtir un champion du vélo électrique sans s’exposer à de tels écueils ?
Source : Techcrunch




