« La patience est la clé de la réussite… et parfois la patience consiste à attendre que les bateaux de croisière quittent votre trajectoire. » Ah, l’espace, ce dernier territoire vierge… et surtout l’endroit où le trafic maritime n’était pas censé venir perturber les rêves interstellaires de Jeff Bezos ! Pourtant, pour Blue Origin, dimanche n’a pas rimé avec décollage, mais plutôt avec « on attend, on croise les doigts, et zut, y’a encore ce fichu bateau ».
L’équipe de Blue Origin s’apprêtait fièrement à faire s’envoler pour la deuxième fois sa fusée géante New Glenn, le genre d’événement qu’on coche dans son agenda cosmique (et sur X/Twitter, bien sûr). Mais le sort, le vent capricieux de Floride, quelques soucis de matos sur la rampe de lancement, et ce fameux paquebot qui s’est cru en croisière direction Mars, se sont conjugués pour transformer la fête en rendez-vous manqué. La prochaine tentative ? Elle est programmée pour mercredi, le 12 novembre, sauf si Neptune décide d’inviter toute la flotte à nouveau.
Pourquoi tant d’agitation pour une simple anecdote maritime, vous demandez-vous ? Parce que cette mission a des allures de test décisif pour Blue Origin. Non seulement New Glenn doit prouver qu’elle sait aller en orbite, mais surtout qu’elle peut ramener son booster – entier, s’il vous plaît ! La première fois, la fusée avait terminé en rafale marine, explosant avant d’atterrir sur la barge robotisée. Cette fois, Bezos veut un touchdown digne du Super Bowl spatial.
Même les géants de la tech doivent parfois attendre que le vent tourne… et que les touristes passent.
Le suspense n’est pas limité à l’exploit technique : ce vol marque la première mission commerciale du mastodonte. Dans sa soute, la sonde ESCAPADE de la NASA attend sagement son billet pour Mars, rêvant déjà de selfie sur la planète rouge. Hors compétition esthétique, New Glenn transporte aussi un démonstrateur technologique pour Viasat dans le cadre d’un autre projet NASA. Eh oui, pour espérer rivaliser avec SpaceX et Elon Musk, pas le droit à l’erreur : il faut prouver qu’on sait livrer des colis dans le cosmos… et sans démolir la fusée à l’arrivée, s’il vous plaît !
Avec tous ces enjeux, la tension est palpable à Cape Canaveral. Blue Origin avait déjà tellement repoussé ce second envol qu’on soupçonnait l’équipe d’avoir développé un Tetris des reports d’agenda. Et, comme si Mère Nature n’était pas assez capricieuse, il a fallu en plus compter sur les croisiéristes. Dimanche, tout semblait prêt, mais entre bourrasques et paquebots pressés, la patience était le véritable carburant du jour.
Ce n’est pas la première fois que la conquête spatiale doit s’arrêter devant du « brouillard sur le pas de tir » ou devant un « yacht en zone interdite ». Mais cette histoire rappelle avec humour que, parfois, le plus grand défi n’est ni la gravité, ni la technique, mais juste d’éviter de transformer une croisière en voyage suborbital (involontaire). Bezos, Musk & co, à quand la brigade maritime gestion du trafic spatial ?
Finalement, la prochaine fenêtre de lancement est fixée : suspense, météo, et qui sait, peut-être attaque d’un canard géant la prochaine fois ? Chers lecteurs, on vous tient au courant… Et puisque fusée rime avec « accusé de naviguer », on dit : « À force de croiser des navires, Bezos finira par naviguer… vers le succès – ou la patience ! »
Source : Techcrunch




