Jusqu’où irons-nous pour garantir notre sécurité, et à quel prix pour notre vie privée? C’est la question que soulève la nouvelle collaboration entre Ring, filiale d’Amazon spécialisée dans les sonnettes connectées, et Flock, une entreprise en pointe sur les caméras de surveillance dopées à l’intelligence artificielle. Que savons-nous vraiment de ce partenariat qui tisse un réseau de surveillance tentaculaire?
Ring a annoncé que les agences utilisant Flock pourront désormais demander aux utilisateurs de caméras Ring de leur transmettre des vidéos dans le cadre de “collecte de preuves et d’enquêtes”. Mais qui détiendra le contrôle sur ces images? Cette initiative, sous couvert d’aider la police, ne risque-t-elle pas de transformer des millions de particuliers en auxiliaires de surveillance?
Les caméras Flock, elles, ne se contentent pas de filmer. Elles scannent plaques d’immatriculation et analysent tous les véhicules qui passent. La police – et désormais d’autres agences gouvernementales – dispose de requêtes en langage naturel pour rechercher des “suspects” correspondant à certaines descriptions. Or, plusieurs études et enquêtes dénoncent la façon dont ces technologies augmentent déjà les discriminations raciales et conduisent à des bavures. De plus, une enquête a récemment révélé qu’ICE, le Secret Service et la Navy ont accès au réseau de Flock. Mais où s’arrête l’accès à ces données?
La frontière entre sécurité publique et surveillance de masse s’amenuise à mesure que les géants de la tech étendent leur toile.
Ce partenariat s’avère d’autant plus préoccupant que Ring, par le passé, n’a pas brillé par ses efforts pour sécuriser les vidéos de ses utilisateurs. En 2023, l’entreprise s’est vue infliger une amende de 5,8 millions de dollars par la FTC américaine, après que des employés et sous-traitants aient eu libre accès à des enregistrements privés pendant des années. Peut-on vraiment confier à ces sociétés la collecte et la gestion de notre intimité numérique?
À mesure que la technologie s’immisce dans notre quotidien, la pression sur la protection de nos données s’accentue. Les promesses de plus de sécurité justifient-elles la création d’un maillage inédit de caméras, accessibles à la fois par des entreprises privées et des agences gouvernementales? Ne risquons-nous pas de sacrifier la liberté pour un sentiment de sûreté?
En définitive, la question persiste : sommes-nous prêts à troquer notre droit à la vie privée pour une sécurité dont les garanties restent encore bien floues?
Source : Techcrunch




