Comment une start-up née dans l’observance familiale d’une maternité peut-elle réellement transformer la santé des femmes enceintes ? Depuis que BioticsAI a obtenu le feu vert de la FDA pour son logiciel d’IA capable de détecter les anomalies fœtales sur les échographies, la promesse est grande. Mais derrière cette annonce, une question fondamentale demeure : la technologie est-elle capable de réduire les terribles inégalités des soins prénatals aux États-Unis ?
Le parcours de Robhy Bustami, fondateur de BioticsAI, intrigue. Issu d’une véritable dynastie d’obstétriciens, il a pu observer de près les lacunes du système de santé américain. Qu’est-ce qui pousse le fils d’une famille médicalement engagée à délaisser la blouse blanche pour le clavier, et surtout, son code sera-t-il plus efficace que les diagnostics classiques ?
Ce qui est frappant dans ce projet, c’est l’ambition d’apporter un coup de balai technologique à l’outil le plus central de la surveillance de grossesse : l’échographie. Les images obtenues sont souvent peu lisibles, sources d’erreurs ou de non-dits dramatiques. Peut-on vraiment s’en remettre à une IA pour faire mieux que l’œil humain, surtout quand la vie d’un enfant à naître est en jeu ?
BioticsAI promet de diminuer la part d’incertitude dans le suivi prénatal grâce à une intelligence artificielle plus fiable que l’interprétation humaine.
Mais la véritable difficulté, selon Bustami, n’avait rien d’informatique. La preuve du feu, c’était d’abord la confrontation au monde réel et ses patients, loin des données stériles des laboratoires. Comment garantir que l’algorithme fonctionne pour tous — en particulier sur les groupes à haut risque, comme les femmes noires, particulièrement touchées par la mortalité maternelle aux États-Unis ?
L’entreprise s’est engagée dans un processus qui a duré près de trois ans pour obtenir cette homologation cruciale de la FDA – un parcours semé d’essais cliniques minutieux et d’alignement étroit entre ingénieurs, médecins et régulateurs. Ce choix d’intégrer la validation clinique et la conformité dans la conception même du produit est-il un modèle reproductible, ou seulement viable quand on cherche à sauver des vies ?
Désormais, BioticsAI se tourne vers une phase d’expansion nationale : il s’agit de prouver que cette technologie peut s’insérer dans des centaines de structures médicales différentes, sans perdre en efficacité, et même d’étendre ses capacités à d’autres domaines de la santé reproductive. Cette expansion sera-t-elle à la hauteur des attentes, ou risque-t-elle de révéler de nouveaux obstacles, humains ou technologiques ?
Bustami ne cache pas ses ambitions : « Nous sommes prêts à passer à l’échelle supérieure, tant sur la diffusion que sur l’impact clinique », promet-il. Mais, alors que la santé prénatale américaine est en crise, BioticsAI sera-t-elle l’étincelle qui amorcera un vrai changement ou simplement la dernière innovation à la mode ?
Mais finalement, la question qui persiste est la suivante : la technologie peut-elle réellement dépasser les limites d’un système de santé inégal et, surtout, combler les fractures sociales qui décident de la vie ou de la mort avant même la naissance ?
Source : Techcrunch




