Est-ce que Rivian va vraiment révolutionner la conduite assistée ou risquons-nous simplement de rejouer les mêmes scénarios à hauts risques que ses rivaux ? L’annonce de la mise à jour “Universal Hands-Free” pour les véhicules électriques R1 de deuxième génération apporte son lot d’enthousiasme, mais soulève aussi de sérieuses questions. Faut-il s’en réjouir ou s’inquiéter davantage pour la sécurité sur nos routes ?
En permettant aux conducteurs de lâcher le volant sur plus de 5,6 millions de kilomètres de routes aux États-Unis et au Canada — dont de nombreuses routes urbaines, pas seulement les autoroutes — Rivian promet une expérience avancée. Mais cette fonctionnalité reste sous surveillance : le conducteur doit rester attentif, car le système n’effectue ni arrêts aux feux ou aux stops, ni de virages autonomes. Peut-on véritablement parler de conduite mains libres, ou est-ce simplement une illusion de confort ?
Derrière l’innovation, l’ombre de la concurrence plane. Tesla et Ford ont déjà essuyé les plâtres avec des incidents graves, allant parfois jusqu’à la mort ou à des enquêtes judiciaires. Rivian saura-t-elle éviter une attention détournée des conducteurs et la répétition du chaos auquel l’industrie auto-assistée a déjà été confrontée ? N’est-ce pas là un pari risqué pour une entreprise qui rêve de véhicules entièrement autonomes d’ici quelques années ?
Rivian avance à grands pas, mais pourra-t-elle accélérer sans trébucher là où d’autres ont déjà chuté ?
Cette mise à jour représente pourtant un bond en avant : avant celle-ci, Rivian ne proposait la conduite assistée mains libres que sur 217 000 kilomètres, soit une fraction de l’extension annoncée aujourd’hui. Mais la route vers l’autonomie complète reste longue ; la marque ne prévoit une conduite “point à point” totalement autonome qu’à l’horizon 2026. Cette technologie future reposerait sur un nouvel ordinateur embarqué, des puces propriétaires et un lidar sur le toit — mais cela sera-t-il suffisant pour convaincre les sceptiques ?
Le PDG RJ Scaringe mise gros sur l’intelligence artificielle et le développement maison du matériel. Une stratégie risquée, mais potentiellement payante, alors que la course à l’autonomie s’accélère. Sera-t-elle suffisamment robuste pour surmonter la complexité du trafic urbain et des routes secondaires ? Les déboires de ses concurrents sont-ils des leçons bien assimilées ou de simples avertissements ignorés ?
Par ailleurs, Rivian ne se contente pas de cette innovation logicielle. Les propriétaires bénéficient aussi d’une clé numérique compatible avec les principaux smartphones, d’un mode “Kick Turn” très attendu pour les variantes quad-moteur, ou encore du “RAD Tuner” pour personnaliser les modes de conduite. Difficile de ne pas y voir une stratégie de séduction large, visant à faire oublier les risques pour ne retenir que le désir de nouveauté… Mais les utilisateurs seront-ils réellement prêts à déléguer autant de contrôle à leurs véhicules ?
Ainsi, Rivian se place à la croisée des chemins : un pied dans l’innovation, un autre dans la zone grise de la responsabilité. La marque parviendra-t-elle à trouver l’équilibre entre prouesse technique et protection des usagers, ou s’aventure-t-elle sur une pente glissante qui mettrait en péril sa vision du futur automobile ?
Au fond, la véritable question est : sommes-nous prêts à suivre aveuglément l’arrivée de l’autonomie, ou devons-nous rester vigilants face à des avancées dont les conséquences restent en grande partie inconnues ?
Source : Techcrunch




