Le streaming musical est-il à la veille d’une révolution technologique risquée, ou Deezer vient-il de trouver la parade à la montée en puissance de l’IA dans la musique ?
En 2023, Deezer a lancé un outil capable de détecter automatiquement la musique générée entièrement par intelligence artificielle et de la signaler aux auditeurs. Mais ce système fut-il suffisant alors que 60 000 nouveaux morceaux IA arrivent chaque jour sur la plateforme ? Si 85 % de ces titres seraient frauduleux, comment distinguer l’innovation technologique de la manipulation pure et dure ?
Désormais, Deezer choisit de commercialiser sa technologie à d’autres plateformes de streaming. Cette décision vise-t-elle à protéger la transparence du secteur et rétablir l’équilibre face à la vague d’IA qui risque de noyer les œuvres humaines ? Peut-on croire la société sur parole lorsqu’elle affirme que son outil est capable d’atteindre 99,8% de précision, et que chaque piste IA est non seulement signalée, mais aussi exclue du système de royalties ? Combien de temps les créateurs humains pourront-ils encore rivaliser dans ce nouvel écosystème ?
L’industrie musicale doit-elle vraiment choisir entre l’innovation IA et l’intégrité artistique humaine ?
La pression s’intensifie alors que les incidents à grande échelle se multiplient. En 2024, un musicien de Caroline du Nord a été inculpé pour fraude massive, ayant utilisé l’IA et des bots pour générer plusieurs milliards d’écoutes, détournant plus de 10 millions de dollars de royalties. Face à ces affaires, certains acteurs font le choix radical : Bandcamp bannit la musique IA, Spotify restreint et étiquette son usage. Mais les majors, elles, négocient désormais des accords avec des startups IA comme Suno et Udio… Doit-on y voir un signe de pragmatisme ou de résignation ?
Ainsi, Universal Music Group et Warner négocient l’usage de leurs catalogues afin que les algorithmes puissent apprendre légalement, contre une compensation pour les artistes. La vigilance de Deezer face à la croissance fulgurante du phénomène est-elle l’écho d’une industrie qui doute, ou celle d’un pionnier qui veut rentrer dans l’histoire ?
Deezer ne cache pas ses ambitions : l’entreprise fût aussi la première plateforme à signer une déclaration internationale sur l’encadrement de l’IA dans la création musicale. Est-ce une posture responsable dans un contexte où l’industrie semble hésiter entre adaptation, combat et collaboration avec l’IA ?
La commercialisation de son outil, déjà testé avec succès par la SACEM, est-elle un geste isolé ou le coup d’envoi d’un mouvement général ? Difficile de le dire pour l’instant, car les détails sur le coût et les futurs clients restent confidentiels. Cependant, l’enjeu est clair : la survie de l’originalité humaine face au raz-de-marée algorithmique.
La technologie va-t-elle sauver la musique des dérives de l’IA, ou n’est-elle qu’un pansement sur une industrie en pleine mutation ?
Source : Techcrunch




