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Credits image : Aiden Frazier / Unsplash

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Le Code… mais sans la livraison express : l’Inde gigote sur la sécurité sociale

« Si tu veux avancer vite, marche seul. Si tu veux aller loin, attends que le Parlement adopte une loi… puis que chaque État la mette en place, puis… enfin bref, prends un rickshaw. »

Vous avez dit « révolution du travail » en Inde ? Après des années d’attente et une valse de débats parlementaires plus longue qu’un embouteillage à Bangalore, le pays propulse (enfin) ses millions de travailleurs de la « gig economy » sous les projecteurs légaux. Entre Uber, Swiggy, Zepto et cie, on ne compte plus les livreurs, chauffeurs et préparateurs de colis qui, jusqu’ici, jouaient à cache-cache avec les protections sociales.

Grâce au nouveau « Code of Social Security » (l’un des quatre codes fraîchement mis en vigueur), ces travailleurs de l’ombre ont désormais une existence légale, un peu comme les pokémons rares des plateformes numériques. Mais attention, ce code, c’est plus la promesse d’un dîner que l’arrivée des plats : il prévoit la création d’un fonds social alimenté par les plateformes qui devront verser entre 1% et 2% de leurs revenus annuels, avec (on respire…) un plafond à 5% des paiements aux travailleurs concernés. Une somme versée dans un immense pot… dont on ignore encore la recette et la date de distribution.

La loi donne des droits sur le papier, mais les gig workers, eux, attendent encore la livraison des bénéfices.

Les géants comme Amazon, Flipkart ou Uber s’affichent compréhensifs, mais restent prudents, occupés à lire les petits caractères du nouveau code entre deux réunions Zoom. Formidable sur le papier (enfin, sur écran), la réalité s’annonce plus complexe à gérer : qui touchera quoi, comment ces avantages seront-ils distribués (un chèque ? une appli mystère ?), et comment éviter qu’un livreur swiggy-rapido-uberisé touche trois fois le même avantage ? C’est un peu la saison du flou en pleine mousson.

Le grand chantier promet aussi des embouteillages administratifs. Chaque État indien devra créer son propre « Social Security Board », avec des représentants venus tout droit du terrain (5 pour les travailleurs, 5 pour les plateformes). Mais, dans une Inde aussi diverse que colorée, chaque État ira à sa propre vitesse. On risque donc des travailleurs mieux traités au Karnataka qu’au Rajasthan, où l’on attend encore que la législation décolle !

Autre obstacle : pour profiter de ces protections, il faut s’inscrire sur le portail E-Shram, la grande base de données nationale. Problème : pour un livreur qui bosse 16 heures par jour, faire la queue devant un guichet Internet (oui, certains n’ont pas d’ordi à la maison…) équivaut à renoncer à une journée de salaire – voire à risquer une suspension arbitraire du compte pour « manque de productivité ». Forcément, l’enthousiasme n’est pas aussi viral qu’une vidéo TikTok de chatons.

Du coup, syndicats et collectifs, eux, continuent de ronger leurs freins et réclament toujours des garanties plus immédiates : salaires minimum, protection contre les résiliations sauvages de comptes, vraie relation d’emploi… Quand bien même l’Inde pose enfin les bases d’une sécurité sociale « made in platform », beaucoup espèrent surtout une livraison express de droits concrets.

Et pendant que les débats indiens s’échauffent, d’autres pays comme l’Espagne ou le Royaume-Uni n’ont pas hésité à coller l’étiquette « employé » sur leurs livreurs. En Inde, pour l’instant, on a juste redéfini la catégorie « gig worker » sans leur offrir le menu complet du salarié… Comme on dit chez Zomato, « la livraison est quasi là, mais pour l’assurance minimum, prière de patienter ». Quand la loi remet le gig, le progrès ne fait pas que du bruit – quelquefois, il pédale un peu dans le vide !

Source : Techcrunch

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