Dépoussiérer la Tech : entre robot de service et service du robot, qui nettoie vraiment notre futur ?

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Dépoussiérer la Tech : entre robot de service et service du robot, qui nettoie vraiment notre futur ?

Quand l’humanité rêve d’automatisation totale, elle s’invente des Snabbit pour nettoyer la poussière, des liens Cash App pour partager la note, des intelligences artificielles à embaucher au kilo, et même des navigateurs IA qui veulent sauver la planète une extension à la fois. Mais derrière cette apparente frénésie d’efficacité, que dissimule vraiment ce désir de confier la moindre friction de la vie quotidienne à une plateforme, un bot ou une « experte » ? L’homme moderne baigne dans le paradoxe : plus obsédé par la rapidité et la fluidité des transactions humaines, moins il maîtrise les logiques profondes du progrès auquel il appose un like.

Prenons l’exemple éclairant (et lustré) de Snabbit, l’uberisation du chiffon en Inde : à 2€ de l’heure, le sentiment de service sur-mesure n’est rien d’autre que la transformation de la corvée en algorithme. La logistique s’emballe, la course au ménage éclair promet une vie sans trace (de gras ni de dépendance annualisée), pendant que l’application décline la poignée de main façon « mission validée », avec fidélisation au passage. Une victoire ? Plutôt une fuite en avant, qui confie à la coordination numérique une facette essentielle du lien social : la confiance. Comme dans Cash App, où la question du remboursement entre amis n’a plus droit à la gêne—un hyperlien fait le sale boulot, déplaçant la friction sociale du salon à la boîte de réception.

Or, cette extension du royaume de la plateforme n’en finit pas de contaminer tous nos espaces. Les entreprises tremblent devant le syndrome OpenAI : après avoir cru qu’un chatbot pouvait suffire à séduire tous les décisionnaires de la tech, la réalité, toujours plus facétieuse, rappelle que l’innovation ne remplace jamais la relation humaine, la fidélité des clients, ni même le plaisir un peu masochiste de se tromper de bouton. Barret Zoph redevient chef, les alliances se consolident, l’exode des talents va-et-vient, mais la course à la suprématie en IA prouve que l’intelligence n’a rien d’artificiel dès lors qu’il s’agit de politique de bureau et de sueur sur la ligne d’arrivée.

Sous le vernis glissant du progrès, la technologie ne fait souvent que déplacer la poussière, sans jamais oser soulever le tapis.

Même les plus anciens résistants, à l’image de Mozilla, baissent la garde et capitulent devant l’IA tout en promettant l’option « off ». Ironie ultime : alors qu’on promet aux utilisateurs la reprise du contrôle et de l’éthique, on leur soumet des logiciels dont la principale vertu est de savoir (dés)activer les algorithmes ! Le vrai choix, aujourd’hui, n’est plus entre « je fais moi-même » et « je délègue », mais entre la dépendance feutrée à la machine et l’illusion de l’autonomie—sous conditions générales d’utilisation.

Reste à savoir si, à force d’épousseter les aspérités de notre vie, la technologie ne finit pas par nous rendre plus lisses que jamais, jusqu’à estomper la solidarité, la discussion et le défaut qui font notre humanité. Car dans un monde où même le partage d’addition et la corvée de vaisselle s’externalisent, qui prendra le temps de nettoyer ce qui, entre les mailles du progrès, fait tache mais donne sens à l’existence ? Le progrès aujourd’hui, c’est peut-être oser rebrancher la prise humaine sur la prise intelligente, avant que toutes nos relations ne s’effacent… aussi vite qu’un cookie oublié sur le pavé tactile du destin.

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