Dans le grand carrousel tech, qui tient encore le volant ?

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Dans le grand carrousel tech, qui tient encore le volant ?

Dans la grande valse des promesses technologiques, une étrange chorégraphie se dessine : IA sous contrôle, taxi-livraisons multipliées, camions autonomes sans volant… et toujours plus loin, plus vite, sans jamais savoir si le conducteur est à bord ou si tout part joyeusement en roue libre. Cette semaine, que ce soit Nexos.ai, sorcier de la sécurité IA, inDrive, taxi à caddie intégré, ou Einride, transport routier sans chauffeur ni premier de cordée, on veut tout “augmenter” – notre productivité, nos achats en attente, et accessoirement la valorisation de startups avides de liquidités. Un nouveau capitalisme algorithmique se met en place où le mot d’ordre semble être : “Adoptez, outsourcez, puis SPACquez !”

La sécurité, jadis rein sacrée de l’entreprise, n’est plus qu’un case à cocher sur un dashboard IA. Nexos.ai joue les tierces à la suisse pour rassurer les dirigeants terrorisés par la perspective d’un ChatGPT incontrôlable, mais la demande réelle ressemble plus à un réflexe de peur qu’à une stratégie d’innovation réfléchie. Pendant ce temps, inDrive tente de nous consoler en customisant nos attentes d’usagers épuisés : “Attendez votre taxi, matez une pub pour des bananes, et bientôt achetez-les sans cligner des yeux”. Quand la mobilité se confond avec la consommation, la ville devient un far west où chaque notification est potentiellement un chariot publicitaire déguisé.

Côté logistique, Einride préfère la traversée du désert version Nasdaq, sans chauffeur au volant. Vous avez dit SPAC ? C’est le ticket direct pour griller la politesse aux marchés, lever plus (toujours plus) et montrer que le camion le plus innovant n’a pas besoin d’humain ou de rentabilité immédiate, juste de promesses. Que ce soit la livraison express chez les taxis, la confiance algorithmisée chez les corporates ou la route sans rien d’humain chez les routiers, une logique unique : croître ou périr, lever tant que la tirelire des investisseurs bruisse encore. Tous, à leur façon, conjuguent la même angoisse : celle de la perte de contrôle — que ce soit la donnée, l’attention du consommateur ou le volant de la supply chain.

La technologie promet d’effacer les frontières, mais elle adore relever de nouveaux checkpoints économiques… toujours plus intransigeants.

Au fond, chaque acteur joue la même partition dans ce bal de l’automatisation débridée : “pour votre sécurité”, “pour votre confort”, “pour votre rentabilité”, tout s’administre à distance, sous contrôle, par délégation à la machine ou à l’algorithme. N’est-on pas en train de remplacer l’ancien mythe du progrès humain par un panthéon de services rivaux, plus obsédés par le passage à l’échelle que par leur utilité ou leur sens ? Le grand rêve du tiers de confiance, du camion autonome ou de la multi-app, n’est-il pas justement de cacher le chaos sous le tapis des interfaces fluides ?

Peut-on vraiment réconcilier souveraineté, confort et transparence dans un monde où chaque progrès technologique devient prétexte à l’inflation des promesses… et à la multiplication des acteurs qui espèrent détenir la clé universelle ? Si demain tout est piloté par des tiers, sera-t-il encore possible de distinguer qui conduit vraiment – et surtout, dans quelle direction ?

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