AB Test et "Cameo" : Quand la Tech Veut Tester, Posséder… et Gagner sur Tous les Tableaux

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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AB Test et « Cameo » : Quand la Tech Veut Tester, Posséder… et Gagner sur Tous les Tableaux

Fusion de titans du SaaS, querelles d’appellations ridicules à l’ère de l’intelligence artificielle : on pourrait croire à un mauvais épisode de télénovela numérique, mais malheureusement, c’est bien notre quotidien technologique. D’un côté, AB Tasty et Wingify s’unissent autour d’un festin d’A/B tests, portés par le doux parfum des chèques Everstone Capital. De l’autre, OpenAI invente des « cameos » virtuels et se prend les pieds dans le tapis judiciaire tendu par la start-up Cameo qui, visiblement, n’a pas le sens de l’humour lexical. Bienvenue dans l’arène où l’innovation danse la lambada avec le droit des marques, le tout en escarpins algorithmico-bureaucratiques.

Le feuilleton des fusions montre que la bataille actuelle n’est plus seulement « qui rachète qui ? » mais « qui fusionne au nom de l’expérience utilisateur optimisée à la sauce IA ? ». Les plateformes veulent toutes marier A/B testing, personnalisation, et intelligence artificielle pour construire la Cathédrale de l’Harmonie Numérique sans faux plis ni clic superflu (en tout cas, c’est la promesse). Mais à vouloir standardiser nos expériences et automatiser nos désirs, ces géants ne font-ils pas de la personnalisation une boîte noire, où l’on ne sait plus où commence l’optimisation business et où finit la manipulation subtile ?

En parallèle, la juridiction du mot « Cameo » met en lumière un grotesque nouveau Far West. OpenAI se pique d’intégrer cette fonctionnalité deepfake sur Sora – histoire d’industrialiser l’illusion authentique, tant qu’à faire. Mais dans la Silicon Valley, rien n’est plus précieux qu’un terme catchy. La marque Cameo rugit, la justice vacille, et le public regarde ahuri ce duel de faux-semblants. Voilà où nous en sommes : inventer l’avenir, c’est aussi se battre sur la paternité d’un mot du dictionnaire, pendant que le véritable enjeu – notre rapport collectif à l’image, à l’identité et à la propriété – reste enfoui sous la paperasse judiciaire.

Dans le grand théâtre de la tech, fusionner ou posséder l’exclusivité d’un mot, c’est surtout se battre pour déterminer qui aura le pouvoir de façonner nos usages (et récolter les profits).

Ce qui lie ces scènes, c’est bien l’hystérie quasi-religieuse pour la maîtrise de l’“expérience”, érigée en mètre étalon suprême : à chaque nouvel acteur, sa promesse d’intimité marketing, de suggestion hyperpersonnalisée, de célébrité sur commande voire d’identité en kit. Mais à force de vouloir tout tester, tout nommer, tout posséder, l’innovation technologique révèle sa face la plus banale : celle qui copie, fusionne, puis brevet tout ce qui ressemble à une étincelle de créativité. Cela donnerait presque envie de rendre hommage à l’anti-optimisation, au bug créatif et au mot commun, libre et gratuit.

Dans l’empire du clic automatisé et des égos virtuels, il devient crucial de se demander ce que l’on accepte de sacrifier au nom de la simplification. Derrière le grand opéra des rapprochements et des procès sémantiques, il y a notre liberté de créer, de participer… et de ne pas toujours savoir à l’avance ce à quoi l’on a droit. Peut-être qu’à force de laboratoire, la tech accouchera d’un monde où la plus grande originalité sera de ne rien optimiser. Ou alors, un beau jour, un juge décrétera que le mot “expérience” lui-même appartient à quelqu’un – et il ne nous restera qu’à appuyer sur “OK” sans lire.

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