« Pourquoi faire simple quand on peut écouter compliqué ? » disait un vieil audiophile qui avait échangé tout son argent contre des câbles en or. Pourtant, cette fois, Spotify tente de simplifier la vie de ses utilisateurs gratuits en leur proposant enfin quelque chose de plus, mais (vraiment) avec des guillemets autour du « plus ».
Jusqu’à présent, être un utilisateur Spotify gratuit, c’était un peu comme avoir un juke-box à la maison, mais avec une boule de cristal cassée : on pouvait écouter de la musique, mais impossible de choisir la chanson exacte sans subir des playlists à la surprise, des pubs et le mode « shuffle » qui semblait parfois narguer nos envies. Eh bien, bonne nouvelle : Spotify vient de lancer « Pick & Play », « Search & Play » et « Share & Play », de nouveaux super-pouvoirs pour les utilisateurs gratuits ! Désormais, oui, vous pouvez lancer n’importe quel titre, comme un pro… mais attention, tout cela n’est pas illimité, évidemment.
Enfin, à condition de bien lire les petites lignes du contrat invisible. Spotify accorde donc une « allocation de temps à la demande » aux utilisateurs gratuits. Traduction : vous pouvez choisir des morceaux à écouter, mais seulement pendant une durée limitée chaque jour. Quand l’horloge sonne la fin de la récré, retour au mode shuffle avec un quota d’avance rapide digne de l’époque du walkman fatigué. Les happy hours musicales ont donc toujours une fin sur Spotify.
Derrière la promesse de liberté musicale pour tous, le vrai concert se joue surtout dans l’arène publicitaire !
Avec ces nouvelles options, Spotify veut clairement séduire les mélomanes du dimanche et, surtout, les inciter à rester sur la plateforme. Car plus vous cliquez, plus vous écoutez, plus vous entendez… des pubs qui font chanter les annonceurs. Il faut dire que le patron Daniel Ek s’arrache déjà les cheveux : la pub ne pèse que 11 % des revenus Spotify, alors qu’il rêve d’atteindre les 20 %. Générosité ou stratégie ? Peut-être un peu (beaucoup) du second, histoire de recopier (en la monétisant) la playlist de TikTok et Instagram.
Mais que les Premium se rassurent, et que les amateurs de sonorité lossless calment leurs angoisses : les vrais gadgets high-tech – audio sans perte, playlists boostées à l’IA, crossfade à la maison, et tous les trucs de geek mélomane – restent réservés aux abonnés payants. Quant aux utilisateurs gratuits, ils bénéficient quand même des nouvelles fonctionnalités sociales, histoire de charmer leurs amis ou instagrameurs préférés… tant qu’ils ne dépassent pas la dose quotidienne !
À l’échelle mondiale, c’est donc 433 millions de free users qui vont sprint-interpréter « I Want It That Way » avec de nouvelles commandes… avant de retourner gentiment dans la file d’attente publicitaire. Car oui, les utilisateurs gratuits restent la majorité, mais c’est surtout pour eux que Spotify compose une partition où chaque note supplémentaire rapporte une mélodie d’euros.
Alors, la prochaine fois qu’on vous demandera ce que vous écoutez, vous pourrez répondre « le même titre que les abonnés… mais, avec le refrain des pubs en plus » ! Moralité : avec Spotify, plus c’est gratuit, plus c’est… spotipub !
Source : Techcrunch




