« Quand la réalité dépasse la fiction, c’est souvent Hollywood qui trinque ! » Voilà un dicton qui pourrait bien prendre tout son sens depuis l’annonce tonitruante du rachat de Warner Bros. par Netflix pour la modique somme de 82,7 milliards de dollars – rien que ça. Alors, popcorn ou anxiolytiques pour les professionnels du secteur ? Hollywood frémit, les syndicats voient rouge, et les chaînes de télévision tremblent plus qu’une actrice montant les marches à Cannes sous la pluie.
Le premier à avoir sorti la plume, ou plutôt le poing, c’est le très influent Writers Guild of America (WGA). Leur cri du cœur ? « Ce mariage doit être annulé sur-le-champ ! » Accusant Netflix de vouloir avaler encore un concurrent majeur, le WGA dégaine l’antitrust et prophétise la chute des emplois, des salaires et (oh sacrilège !) la diversité des contenus. On croirait presque entendre un scénariste s’épancher dans son nouveau drame de l’été.
Derrière les grands discours, d’autres syndicats – dont les incontournables acteurs de la SAG-AFTRA – prennent un ton légèrement moins dramatique. Mais l’inquiétude, elle, reste bien réelle : tous s’interrogent sur l’avenir du secteur, l’impact sur les travailleurs et, il faut bien l’avouer, leur prochaine prime de Noël.
Quand Netflix se prend pour Pac-Man et avale Warner, ce n’est pas seulement Hollywood qui fait une crise d’angoisse, c’est le futur du streaming qui se joue.
Côté coulisses, la lutte pour épouser Warner était bien plus qu’une romance à trois. Paramount, un temps favori (merci papa Ellison et ses relations bien placées), s’est fait souffler la mariée par Netflix à la dernière minute. Résultat, une lettre d’avocat furibard, un soupçon de procès d’intention et, au final, une victoire au finish pour le géant du streaming. La cérémonie n’aura cependant pas lieu avant 2026, le temps de prévenir les autorités, d’inviter le gendarme de la concurrence (et accessoirement, la justice américaine tout entière).
Au Congrès, la sénatrice Elizabeth Warren, jamais la dernière pour s’inviter à la fête du « casseur de monopole », a sorti le carton rouge : « Un tel mastodonte contrôlant la moitié du marché ? Cauchemar antidémocratique ! » Du pain bénit pour les chroniqueurs économiques… et les scénaristes de téléfilms catastrophe ! Et si Washington venait à s’en mêler – ou refusait de bénir cette union – Netflix pourrait bien devoir sortir un chèque de 5,8 milliards pour payer l’addition de son râteau historique. Ce n’est pas une rupture amoureuse, c’est un divorce à l’américaine !
Mais le clou du spectacle reste du côté de Netflix. En pleine réunion d’analystes, les PDG assurent que le deal est « pro-consommateur, pro-innovation, pro-pépé, pro-mémé ! » (Bon, d’accord, j’exagère un peu). Ted Sarandos promet de garder HBO « tel quel » et jure sur la tête de son compte premium que Warner continuera à produire des séries pour d’autres. Le suspense médiatique atteint son paroxysme : HBO plongera-t-il dans l’appli Netflix ou aura-t-il droit à un bouton spécial pour briller de mille feux ? On s’attend presque à un spin-off : « The Real Housewives of Mergers & Acquisitions ».
Derrière les paillettes, une angoisse demeure : qu’adviendra-t-il du cinéma en salles ? Warner a connu une année record au box-office, alors que Netflix préfère les sorties éclairs, sans passer par la case popcorn XXL. Pour les dirigeants, pas de changement de recette annoncé… sauf que les fameuses « fenêtres d’exclusivité » entre cinéma et streaming rétréciront bientôt comme peau de chagrin. Les puristes du grand écran crient à l’apocalypse, mais Netflix jure qu’il pense avant tout à l’expérience du téléspectateur. Vous avez dit scénario catastrophe ?
Quoi qu’il arrive, une chose est sûre : si on mêle Hollywood, Netflix et Warner dans le même shaker, il ne reste plus qu’à espérer que le résultat ne soit pas trop indigeste. Mais une fusion de cette ampleur, ce n’est pas du cinéma… c’est du streaming en direct !
Au final, dans cette histoire, le vrai blockbuster pourrait bien être les frais de rupture. À 5,8 milliards de dollars le ticket, ce serait la plus coûteuse des « films d’auteur » jamais produite. Prévoyez le pop-corn… et un avocat !
Source : Techcrunch




