« Ce n’est pas parce qu’on a une moustache qu’on est adulte. » Voilà enfin une maxime qui prend tout son sens dans nos internets modernes ! Discord, ce gigantesque repaire à memes, gamers et confessions nocturnes, se lance dès le mois prochain dans une aventure aussi palpitante qu’une chasse au trésor : la vérification de l’âge à l’échelle mondiale. Fini le temps où l’on cliquait joyeusement sur « Oui j’ai 18 ans » les yeux fermés. Place à l’expérience “adolescent par défaut” : on entre, on range sa capuche, et seuls les adultes certifiés auront la clé pour débloquer du contenu sensible ou modifier certains paramètres.
Mais comment Discord compte-t-il séparer les petits padawans des vieux jedis ? Rassurez-vous, pas de lecture de vos DM embarrassants : la firme-sorcier se base sur des infos de compte, l’historique d’utilisation et de vagues signaux groupés façon « statistiques mystiques ». Pour la plupart des adultes, nul besoin de montrer patte blanche, mais pour d’autres, il faudra prouver sa majorité pour parcourir les serveurs interdits aux mineurs… ou lire des choses floutées. Une boîte à messages à part pour les étrangers et des avertissements avant d’accepter des demandes d’amis : chez Discord, la prudence a un nouveau visage.
Vient ensuite le test ultime : la vérification d’âge peut passer par une estimation faciale (vas-y le selfie vidéo !) ou par la transmission d’une vraie pièce d’identité à un prestataire extérieur. Discord jure la main sur le cœur que ces images ne quitteront pas votre téléphone et que les documents sont quasiment toujours « effacés immédiatement après confirmation ». Pas de panique, me disent-ils…
Grandir sur Internet, c’est parfois montrer plus que son âge, mais mieux vaut prouver que vieillir trop vite.
Mais, car il y a toujours un “mais” : l’histoire nous rappelle que nul système n’est infaillible. Tiens, en octobre dernier, 70 000 utilisateurs se sont fait pirater leurs pièces d’identité suite à une faille chez un sous-traitant spécialisé dans… la vérification d’âge. Oups. Les défenseurs des libertés numériques grincent des dents : renforcer la sécurité, c’est parfois chasser la vie privée par la porte fenêtre ! On ne protège pas les jeunes en leur demandant toujours plus de preuves – ou alors, à quoi ressemblera leur adolescence… Snapchatée sur un cloud bancaire ?
Salutations spéciales à nos cousins britanniques et australiens, qui servaient déjà de cobayes pour ces vérifications d’âge l’an dernier. Désormais, tout le monde sera logé à la même enseigne, de la Normandie à la Nouvelle-Calédonie. Discord assure que la sécurité des jeunes reste sa priorité, mais promet aussi de laisser plus de liberté aux adultes désignés – parce qu’être adulte, c’est avoir le droit de désactiver une option sans qu’une notification “tu es sûr(e) ?” apparaisse, non ?
Roblox, YouTube, Instagram… la mode est aux portiques d’âge high-tech. Que ce soit pour tchatter, poster ou s’encanailler, il faut montrer patte blanche – ou du moins blanche et majeure. Discord vient donc s’inscrire dans une tendance globale, où chaque plateforme essaie de concilier “protéger les ados” et “ne pas faire fuir tous les adultes”.
Cependant, la technique n’étant jamais à l’abri d’un bug ou d’un hacker en mal de reconnaissance, restons prudents. Les changements sont attendus dès mars, alors préparez vos plus beaux profils… et gardez quand même votre fausse moustache pour Carnaval.
Après tout, sur Discord, c’est peut-être celui qui ne vieillit pas qui a trouvé le meilleur filtre !
Source : Techcrunch




