« Il ne faut jamais sous-estimer la puissance de la moindre molécule, surtout si elle rêve de sauver la planète ! » C’est un mantra qui pourrait bien s’appliquer à la nouvelle aventure menée par Vema Hydrogen, une startup qui a décidé de jouer les chercheurs d’or… mais version hydrogène. Oubliez les parcmètres à l’ancienne et les stations-service du futur ; ici, on creuse, on transmute, et surtout, on innove profond, aussi bien sous terre que dans le monde un brin opaque de l’énergie verte.
Alors que l’industrie automobile s’emmêle les pinceaux pour intégrer l’hydrogène à grande échelle (on connaît tous la voiture à hydrogène… enfin, surtout en photo), certaines industries et surtout les data centers semblent croire à la magie du gaz capital. C’est ainsi que Vema a signé en décembre un joli contrat pour alimenter des data centers californiens, sans oublier leur récent coup de pioche au Québec, où un projet pilote vient de prouver que, même en profondeur, l’innovation peut jaillir à la surface !
L’idée est simple, mais encore fallait-il y penser : Vema fore la roche, plus précisément celle bourrée de fer, y injecte de l’eau, du chaud, du costaud et quelques autres ingrédients secrets (pas de recette de grand-mère ici, sauf si mamie était géologue chimiste), et récolte l’hydrogène ainsi libéré. Le hydrogène ressort tout frais à la surface, prêt à être livré à nos industries gourmandes en puissance et en promesses de décarbonation.
Si vous pensez que seuls les gisements pétroliers valent de l’or, attendez de voir ce que peut faire un caillou trop souvent sous-estimé !
La magie de cette approche, c’est qu’elle enterre ses concurrents sur le prix : produire de l’hydrogène à moins de 1$ le kilo (et demain à 50 centimes !) là où la méthode traditionnelle, bien carbonée, plafonne entre 70 centimes et 1,60$. La recette à la mode SMR (Steam Methane Reforming, pour les intimes) reste la plus courante, mais elle est aussi connue pour sa fâcheuse tendance à larguer du CO2 dans toute la cuisine. Moins polluant, certes, avec capture de carbone, mais le ticket grimpe vite…
Là où Vema joue les révolutionnaires souterrains, c’est avec son « hydrogène minéral stimulé » (à quand l’hydrogène boosté au café ?) que même Oxford désigne comme l’une des promesses les plus vertes du marché. Avec des forages partout où la géologie le veut bien (coucou, la Californie et ses montagnes d’ophiolite, la star des roches), la startup rêve déjà d’un réseau de puits sur-mesure collés à chaque usine ou data center assoiffé de gigawatts green. Exit les kilomètres de tuyaux, bonjour le circuit court version centrale énergétique !
Si le pari de Vema tient toutes ses promesses, la Californie pourrait bien devenir le paradis sur Terre… du data center éco-friendly, avec une ribambelle d’entreprises prêtes à brancher leurs serveurs sur ce « jus » nouvelle génération. Selon Pierre Levin, le CEO, la demande ne manque pas et les premiers essais enthousiasment : du gigahertz et des zéros carbone, pour tous les aficionados du cloud propre. De quoi « électrifier » sans faire flamber la facture… et sans risquer la panne sèche.
Alors, qui aurait cru que ce serait l’âge de pierre, version 2.0, qui boosterait l’hydrogène de demain ? Une chose est sûre : avec Vema, la transition énergétique ne manque pas de cailloux… mais cette fois, c’est une bonne nouvelle. Eh oui, parfois, il suffit de creuser un peu pour tomber sur un filon inexploré. N’oubliez pas : dans le monde de l’énergie, il faut parfois mettre le « roc » dans « rock’n’roll » !
Source : Techcrunch




