« Pourquoi traverser la route ? Pour atteindre la rentabilité de l’autre côté. » Voilà une question que Rivian, le constructeur de voitures électriques stylées et un brin rebelles, se pose sans cesse, mais la réponse semble chaque année plus complexe. Le groupe américain vient d’annoncer que, non, les profits promis pour 2027, c’est mal barré — un peu comme essayer d’atteindre une borne de recharge sur l’A6 le 15 août.
Derrière cette annonce pas très éco-friendly pour son cours de Bourse, la cause a un nom (qui ferait rêver toute une génération de geeks) : l’autonomie. Non, pas celle de l’étudiant qui cuisine des pâtes, mais bien celle des voitures qui roulent toutes seules. Rivian crame des dollars à plein régime pour développer ses propres technologies de conduite autonome, et ça fait sacrément grimper la note, au point de repousser l’objectif de bénéfices à une date aussi lointaine qu’un trajet Paris-Brest en trottinette électrique.
Le hic, c’est que Rivian avait longtemps promis à ses investisseurs qu’avec son futur SUV R2, un logiciel qui rapporte grave, et une pincée de magie financière, il allait devenir positif en EBITDA dès 2027 (c’est le profit, avant que l’État, les banques et les amortisseurs ne viennent dire bonjour). Mais paf ! entre la disparition du crédit d’impôt fédéral pour les véhicules électriques, la baisse de ses ventes de crédits carbone et les fameuses taxes made in Trump, la météo n’est vraiment pas idéale pour les finances.
Quand chaque promesse a un détour, la ligne droite vers le profit paraît parfois longue comme la Nationale 7 en plein chassé-croisé.
Cerise sur la voiture sans conducteur : Rivian dépense quasiment tout son argent dans des supers cerveaux électroniques et l’intelligence artificielle histoire de rendre ses SUV indépendants… et son bilan financier dépendant du bon vouloir des actionnaires. En 2025, l’entreprise a claqué 1,7 milliard de dollars en R&D – rien d’étonnant quand on veut inventer son propre processeur et son “autonomy computer” maison. L’objectif ? Une autonomie de niveau 4, soit des voitures qui font tout, à condition d’être dans la bonne zone. On aurait prescrit une feuille de route (et un calmant) à n’importe quelle start-up qui s’embarque là-dedans.
Mais ce n’est pas tout : le grand show « Autonomy & AI Day » de Rivian en décembre dernier avait déjà révélé l’étendue de ses ambitions, avec balades VIP sur le campus Silicon Valley, et test-drives où l’on ne tenait même pas le volant (ni sa respiration, promis). Et voilà qu’en plus, un partenariat titanesque avec Uber débarque : jusqu’à 1,25 milliard de dollars et potentiellement 50 000 SUV R2 sur les routes du ride-hailing. Enfin, way too fast : Uber commence avec 300 millions pour s’offrir 10 000 voitures – le reste, c’est rendez-vous en… 2030. Autant dire que le plat mijote longtemps.
Pendant ce temps, Rivian a d’autres casseroles sur le feu : une usine toute neuve en Géorgie, la production du fameux R2 à lancer, et une enveloppe de près de 2 milliards à dépenser cette année. On comprend mieux pourquoi la route du profit est semée de virages serrés, de bouchons réglementaires et de péages inattendus.
Finalement, Rivian fonce dans l’avenir avec de grands rêves d’autonomie… mais pour l’instant, il reste encore sacrément dépendant de ses investisseurs. Et puis, c’est bien joli de viser la conduite sans les mains, mais ce serait chouette de ne pas lâcher le volant des finances ! Après tout, chez Rivian, on adore l’innovation, surtout quand elle évite le fameux “crash” économique…
Source : Techcrunch




