« L’IA va-t-elle vraiment nous remplacer… ou juste servir d’excuse pour virer tout le monde ? » Voilà la question qui tourbillonne dans la Silicon Valley, où le paradoxe est roi : les bénéfices explosent, les actions montent — et pourtant, chaque jour, près de mille employés tech découvrent que leur badge n’ouvre plus la porte. Selon TrueUp, ce sont déjà près de 150 000 suppressions de postes cette année, soit 44% de licenciements en plus que l’an passé. On ne licencie pas, on “optimise” avec le sourire… et un robot en toile de fond !
Depuis trois mois, la star des explications, c’est l’intelligence artificielle. Grâce à elle, entreprises et licencieurs de tout poil ont trouvé la “raison magique” pour justifier les charrettes : « Ce n’est pas vous, c’est l’algorithme. » Les chiffres le confirment : 40 000 postes supprimés rien qu’en mai, soit le record en deux ans. Vous avez mal à votre job ? Accusez OpenAI, ça marche beaucoup mieux que de blâmer la météo ou l’astrologie.
Et pourtant, une vague de scepticisme commence à gonfler plus fort que le cloud : l’IA n’est-elle pas seulement un cache-misère électronique ? Jack Dorsey (Block, Twitter, champion du look barbu) a d’abord vanté les mérites d’une IA “révolutionnaire” qui rend les humains superflus. Avant de lâcher du bout des doigts que, oui, en fait, il avait surtout embauché n’importe comment pendant le Covid… Il n’est pas seul à lever le voile sur le grand théâtre des réductions d’effectifs “intelligentes”.
Licencier à cause de l’IA, c’est comme dire qu’on fait un régime parce que le frigo est trop rempli : parfois, c’est juste une excuse pour corriger ses excès !
Superstar du capital-risque, Marc Andreessen, n’a pas hésité : pour lui, “l’IA est la balle d’argent pour justifier des années d’embauche compulsive.” D’une tirade à un micro de podcasteur, il balance : « Les grosses boîtes sont toutes, au moins, 25% en sureffectif, souvent jusqu’à 75%. Maintenant, tout le monde a cette superbe excuse : ‘c’est la faute à l’IA’. » À croire que bientôt, même la pause-café sera digitalisée… sauf pour les dirigeants qui, eux, ne connaissent pas le chômage.
Pendant que la moitié du secteur fait ses valises, l’autre moitié s’enrichit à une vitesse vertigineuse. Regardez Cerebras Systems : un IPO qui s’envole à +68% et des cofondateurs propulsés milliardaires. SpaceX, fraîchement coté, créé des milliers de millionnaires instantanés. Mark Zuckerberg, quant à lui, achète la villa la plus chère de Miami, puis annonce 8 000 licenciements chez Meta, histoire de rééquilibrer son portefeuille (et de garder un peu de monnaie pour ses prochains jets privés).
Mais tout n’est pas rose au royaume de l’IA. Si certains s’offrent des palaces à San Francisco à coup de millions surenchéris, la majorité des travailleurs tech goûtent aux augmentations de primes santé bien réelles : +7% cette année, soit deux fois l’inflation, pendant que le prix des maisons bondit de 28% en quatre ans, et que les taux d’intérêt s’envolent. Pas étonnant que 76% des Américains jugent désormais le coût de la vie comme leur plus grand tracas, un chiffre qui donne à réfléchir côté siliconé…
Le cocktail est explosif : chômage élevé, millionnaires de l’IA, classes moyennes asphyxiées. Sur fond de profits records, l’ambiance rappelle le Wall Street de 2008 où, déjà, la colère a fini dans les rues. Sauf que cette fois, pas besoin d’un krach : c’est la fête du cash… et la valse des licenciements. Peut-on vraiment parler de progrès si la seule évolution, c’est d’automatiser le coup de pied aux fesses ?
À méditer pour les patrons : si “l’IA” est devenue le joker parfait pour faire applaudir la Bourse tout en remplissant les cartons de départ, le narratif pourrait vite se retourner contre eux. Après tout, si tout devient IA… qui voudra encore bosser IRL ? Pour l’instant, à force de jouer à “qui perd gagne” avec l’intelligence artificielle, certains dirigeants risquent de finir avec une intelligence très… artificielle auprès de leurs ex-employés.
Et souvenez-vous : dans la tech, tout va très vite… sauf le licenciement, qui arrive toujours à l’heure. L’IA, ou comment passer de “PowerPoint” à “Pôle Emploi” en un simple clic !
Source : Techcrunch




