« Rien ne sert de courir, il faut prompt-er à point. » Amis de la tech, bienvenue là où l’intelligence artificielle ne remplace plus seulement votre collègue Gérard à la machine à café, mais aussi la moitié de la boîte – et apparemment, c’est pour la bonne cause… ou pas ?
La start-up ClickUp, étoile montante de la productivité, vient de faire valser 22% de ses employés. Mais attendez, pas question de parler de licenciement sec ! Selon le CEO Zeb Evans, c’est un « embrassement radical » de l’IA (on imagine un câlin binaire) pour propulser l’entreprise vers de nouveaux sommets, façon super héros boosté aux agents conversationnels.
Comble de la modernité, la boîte a mis en service pas moins de 3 000 petits agents IA internes. Désormais, moins de « faire soi-même », plus de « demander à Jarvis » (et espérer qu’il n’oublie pas d’inclure la pièce jointe). Celles et ceux qui restent (les « élus » de la collaboration 3.0) peuvent théoriquement prétendre à des salaires millionnaires s’ils savent tirer parti de ces nouvelles intelligences en conserve. Gare à ceux qui préféreraient l’agrafeuse au code source.
Dans le monde de l’IA, plus tu automatises, plus tu as de chances de garder ta place… jusqu’à ce que la place s’automatise aussi.
Cependant, tout n’est pas aussi simple que dans les pitchs de levée de fonds. D’après Gartner, 80 % des entreprises utilisant des technologies autonomes ont, elles aussi, coupé dans leur effectif. Pourtant, surprise : ces charrettes humaines ne se traduisent pas systématiquement par une explosion de la rentabilité. Trop souvent, l’IA devient l’alibi chic pour réduire la masse salariale, alors que la valeur ajoutée ne suit pas toujours.
Chevalier blanc autoproclamé de cette transition, Evans jure la main sur le clavier que, chez ClickUp, l’IA n’est pas une barrière fiscale, c’est un tremplin. Leur approche ? Mesurer non pas combien coûte chaque prompt en jetons, mais combien de temps et de valeur on arrive à faire sortir du chapeau algorithmique. Reste que l’histoire ne dit pas si Jarvis, pardon, l’agent IA, vous rappellera votre anniversaire.
De toute façon, le monde de la tech bruisse de rumeurs sur l’auto-optimisation ultime : le fondateur de Polsia, Ben Cera, a carrément tout misé sur l’automatisation. Résultat ? Ce « solopreneur » dirige à lui tout seul une boîte valorisée à 250 millions de dollars. Manifestement, l’IA n’a pas seulement vidé la cafetière, elle a aussi vidé le bureau.
Alors, la prochaine fois qu’on vous dira d’embrasser l’IA, vérifiez d’abord si elle ne vous mordra pas la main qui code. Car, comme on dit chez les robots : à force de pousser l’automatisation, on risque de se faire dépoussiérer !
Source : Techcrunch




