Comment une coupure de courant peut-elle mettre en lumière les limites actuelles de la robotisation urbaine et du transport autonome ? C’est la question que de nombreux habitants de San Francisco se posent après avoir vu les célèbres robotaxis de Waymo s’immobiliser lors d’une récente panne de courant ayant touché des milliers de personnes. Ces véhicules annoncés comme l’avenir de la mobilité urbaine sont-ils aussi prêts qu’on veut le croire ?
Tout a commencé par un message laconique adressé aux usagers : « Service temporairement suspendu. Les trajets sur autoroute sont indisponibles ». Ce message, relayé sur les réseaux sociaux, montre la vulnérabilité inattendue d’un service pourtant vanté pour sa fiabilité et sa résistance aux aléas du trafic urbain classique. Faut-il craindre une dépendance accrue à l’infrastructure électrique pour nos futurs déplacements ?
Interrogée par TechCrunch, Waymo a rapidement assuré qu’il s’agissait d’« ajustements temporaires » et que le retour à la normale était imminent. Mais ce n’est qu’après avoir pris un temps d’arrêt d’environ une heure, le temps d’« évaluer la portée de la panne en coordination avec les autorités locales », que le service a pu reprendre. Une interruption brève, certes, mais qui pose la question de la robustesse de ces véhicules face à des incidents imprévus — ou tout simplement à la fragilité du réseau électrique urbain.
La réalité des pannes expose un talon d’Achille inattendu pour les véhicules autonomes.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les robotaxis de Waymo connaissent de telles difficultés. En décembre, une coupure de courant avait déjà immobilisé plusieurs véhicules au milieu de la chaussée. Bis repetita quelques mois plus tard, avec des embouteillages monstres à l’occasion du feu d’artifice du 4 juillet. Ces incidents répétés soulèvent une nouvelle question : si l’automatisation promet la sécurité et l’efficacité, qu’en est-il de la gestion des « cas extrêmes » et des évènements inhabituels ?
Face à ces situations, le maire de San Francisco, Daniel Lurie, ne cache plus sa préoccupation et appelle désormais à l’adoption de règles plus sévères au niveau de l’État. Selon lui, il est urgent d’encadrer le fonctionnement des véhicules autonomes en temps de crise, qu’elle soit prévue ou non. Faut-il légiférer davantage et imposer des conditions strictes pour garantir la sécurité des citoyens lorsque la technologie vacille ?
Finalement, si les services Waymo ont repris du service, le débat reste entier et la confiance du public, elle, semble ébranlée. Avons-nous les outils réglementaires et techniques pour assurer un déploiement sûr et fiable du transport autonome dans nos grandes villes ?
Source : Techcrunch




