« Pourquoi les astronautes ne se disputent-ils jamais ? Parce qu’ils ont toujours la tête dans les étoiles ! » Et justement, au Japon, on ne plaisante pas avec l’avenir spatial — mais on n’a pas peur d’ajouter un peu de carburant à l’ambition nationale : entre pluie de yens et pluie d’idées, l’archipel investit des sommes astronomiques pour propulser ses startups au firmament mondial.
La dernière étoile montante se nomme Letara. Installée à Sapporo (où le froid conserve peut-être l’inspiration), Letara ne se contente plus de rêver ; elle construit, pièce par pièce, le moteur de demain. Après s’être fait la main sur des petits propulseurs pour satellites, elle vise maintenant les plus gros morceaux du gâteau spatial : gros lanceurs, contrats de défense, missions de sécurité. Son carburant pour décoller ? Un joli pactole de 2,6 milliards de yens, collecté avec l’aide de fonds asiatiques, énergéticiens, et même une pincée de JAXA, l’agence spatiale japonaise.
Mais Letara n’avance pas seule : dans sa fusée hybride, elle embarque l’idée (à la fois géniale et simple) de révolutionner le moteur à propulsion hybride. Le secret ? Mélanger, façon menu enfant, des plastiques et du caoutchouc pour que tout s’enflamme sans accroc, plutôt que de dépenser des fortunes en cire de paraffine. Résultat : des moteurs qui poussent fort, consomment moins, et s’envolent vers un marché évalué à 2,6 milliards de dollars d’ici 2032. Oui, rien que ça — Houston, on a une croissance !
Letara joue la carte du moteur hybride : moins cher, plus propre et tout aussi spectaculaire.
Côté compétition, c’est une bataille mondiale digne de Star Wars : Interstellar Technologies (Japon), Galactic Energy (Chine), InnoSpace (Corée), ou HyImpulse (Allemagne) préfèrent le décollage international à la sieste en apesanteur. Pour survivre à cette constellation de rivaux, Letara doit prouver qu’elle n’a pas que le bon carburant, mais aussi les bons contacts. Heureusement, ses racines universitaires à l’Université d’Hokkaido cultivent une belle maîtrise du décollage de projets et du transfert de technologies entre chaire et pas-de-tir.
Au départ, Letara ne pensait qu’aux satellites. Mais le business spatial, c’est comme une fusée : impossible de limiter l’ascension. Depuis 2020, ses ambitions gonflent plus vite qu’un ballon-sonde : défense, services de lancement, propulsion pour gros satellites (LEO, GEO… ou tout autre acronyme en O !). Même le gouvernement japonais a déjà passé commande : preuve que Tokyo ne veut pas d’un simple lancement, il veut un feu d’artifice.
Bientôt, Letara promet un test décisif : un allumage en orbite avec un partenaire international — sans oublier l’épineuse mission de construire une usine capable de produire à la chaîne (et sans chaînes !) des moteurs à l’épreuve des étoiles. Et si jamais on pouvait recycler nos vieux Lego pour en faire du carburant spatial ? Letara ne ferme aucune porte (ni aucun sas), à condition de peaufiner un peu la recette.
Enfin, petite note pour les amateurs de confusion géographique : Frontier Innovations, investisseur de Letara, n’est pas Grec… mais bien un fonds boosté par la JAXA. Comme quoi, même dans l’espace, il faut bien vérifier sa destination avant le décollage.
Alors, qui a dit que fusées hybrides et plastiques ne faisaient pas bon ménage ? Avec Letara, le plastique c’est (vraiment) fantastique !
Source : Techcrunch




