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Credits image : Pawel Czerwinski / Unsplash

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Que nous cache la nouvelle mise en garde du sénateur Wyden contre la CIA ?

Que cache la dernière alerte lancée par le sénateur Ron Wyden face à des opérations mystérieuses de la CIA ? Faut-il craindre une nouvelle faille démocratique dissimulée sous le vernis du secret d’État ?

Ron Wyden, doyen respecté du Comité du renseignement du Sénat, vient d’adresser une courte lettre à la direction de la CIA – une missive énigmatique qui ne précise ni la nature exacte de ses “profondes préoccupations”, ni le détail des activités visées. Mais derrière ce geste se cache une habitude bien connue des observateurs : lorsque Wyden lance ce type d’alerte, généralement surnommée le “Wyden siren”, les défenseurs des libertés civiles savent qu’il se passe quelque chose d’inquiétant.

Pourtant, ni la presse ni ses propres collaborateurs ne peuvent, légalement, donner la moindre précision : le dossier reste totalement classifié. Quelles sont donc ces pratiques qui inquiètent autant un sénateur chevronné pourtant habitué aux arcanes du renseignement ? Sommes-nous, sans le savoir, les spectateurs d’une nouvelle dérive de la surveillance de masse ?

À chaque nouvelle “alarme Wyden”, l’histoire récente a montré que ses inquiétudes n’étaient jamais infondées.

Wyden, réputé pour son engagement en faveur de la vie privée, est l’un des rares élus à pouvoir consulter les données ultrasecrètes sur la surveillance américaine. Cette position privilégiée mais contraignante – il lui est interdit de révéler quoi que ce soit en dehors d’un cercle minuscule doté d’habilitations – l’a placé, à plusieurs reprises, au cœur de scandales majeurs. Rappelons par exemple qu’en 2011, c’est lui qui avait déjà mis en garde sur une “interprétation secrète” du Patriot Act, ouvrant la porte à l’affaire Snowden seulement deux ans plus tard.

Depuis, Wyden n’a cessé d’attirer l’attention sur les zones d’ombre des services américains : collecte massive de communications, impossibilité pour Apple et Google d’alerter leurs utilisateurs sur les demandes de données gouvernementales, et rapports secrets contenant des révélations “choc” sur la vulnérabilité du système téléphonique national. Chaque fois, Wyden n’a jamais été démenti par la suite : les pires inquiétudes se sont avérées justifiées.

La CIA, de son côté, préfère ironiser et réplique que le mécontentement du sénateur “est devenu un badge d’honneur”. Cette désinvolture ne masque-t-elle pas, en réalité, une gêne face à des pratiques contestables ?

L’histoire retiendra que, selon de nombreux analystes comme Mike Masnick (Techdirt), le signal du sénateur Wyden ne peut jamais être pris à la légère. Si aujourd’hui l’on ignore encore le fond de cette affaire, peut-on se permettre de ne pas prendre au sérieux un élu qui, jusqu’ici, a toujours anticipé les grandes dérives du renseignement américain ?

Source : Techcrunch

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