« La musique adoucit les mœurs… même celles des robots ! » Voilà un slogan que Deezer pourrait bientôt adopter, car l’intelligence artificielle s’invite de plus en plus à la fête sur sa plateforme – et elle danse même carrément sur la table.
Il faut dire que le phénomène va crescendo : selon Deezer, plus d’une chanson sur deux uploadée quotidiennement en 2026 provient désormais d’un cerveau un peu moins « humain », comprenez générée par une IA. Rien que ça ! En juin 2026, la plateforme battait des records : près de 90 000 nouvelles pistes IA débarquaient chaque jour. Pas besoin d’accord parfait pour comprendre que ça commence à faire beaucoup… et que la playlist mondiale pourrait ressembler à une bataille d’algorithmes plus qu’à un concert de rockeurs chevelus.
Côté concurrents, personne ne joue la même partition. Si Bandcamp a sorti les pincettes en bannissant purement et simplement la musique générée par IA, Tidal opte pour la version « on coupe le robinet à sous », tandis qu’Apple Music préfère coller des étiquettes, façon fruits au marché. Spotify, fidèle à sa réputation, a récemment révisé ses règles du jeu IA. Comme souvent dans la tech, on a droit à un joli concert de mesures… mais pas (encore) d’harmonisation.
« Au royaume du streaming, la bataille pour la vraie musique fait rage… et même les robots doivent montrer patte blanche ! »
Deezer, lui, se mue en chef d’orchestre anti-fraude. La nouvelle chanson du moment ? Supprimer systématiquement les morceaux IA jamais écoutés depuis six mois, ou ceux qui sentent un peu trop la triche pour faire grimper les streams. Le but : protéger la monnaie des vrais artistes – car quand les robots grignotent trop la galette, il ne reste plus beaucoup de miettes pour les humains. Le CEO, Alexis Lanternier, promet d’ailleurs une croisade contre la dilution de la rémunération liée à l’IA. Général intraitable ou mélomane angoissé ? À vous de trancher.
Mais d’où vient ce raz-de-marée robotique ? Un chiffre vaut mieux qu’un long solo de guitare : en janvier 2025, seulement 10% des titres quotidiens étaient IA. Un an et demi plus tard, la progression est vertigineuse – 75 000 titres IA tous les jours en avril 2026, soit 44%, puis 60 000 en janvier et enfin la barre des 50% franchie en juin. Même les Beatles n’avaient jamais vu une ascension pareille !
Face à ça, Deezer n’a pas seulement dégainé ses algorithmes de détection (capables de flairer les productions des célèbres Suno et Udio, pourchassés pour contrefaçon). La plateforme a offert sa technologie anti-IA à d’autres acteurs du streaming… même si pour l’instant, c’est un peu comme prêter sa guitare préférée à un groupe qui n’a pas encore décidé de monter sur scène. En parallèle, Deezer a sorti un détecteur spécial pour « épurer » les playlists Spotify et Apple Music de leurs faux airs robotiques. Nettoyer, c’est gagner !
Du coup, question sérieuse, ou pas : « Allons-nous finir par danser le robot sur des tubes écrits par des robots ? » En tout cas, l’industrie n’a pas fini de se gratter la tête. Jusqu’où laisser l’IA improviser, sans lui donner le micro pour de bon ? Difficile à dire, tant qu’on n’aura pas trouvé la bonne note commune.
Et souvenez-vous : avec toutes ces histoires de musique sans humain, attention à ne pas confondre playlist et « play-fake » !
Source : Techcrunch




