« Big Brother n’est pas toujours celui qu’on croit… mais il a parfois une belle moustache et un gilet jaune fluo. » Avouez, niveau ambiance dystopie chic, on est servis ! Sauf qu’ici, l’ennemi public n°1, ce n’est pas your-favorite-celebrity-espion-moustachu, mais plutôt les caméras intelligentes de Flock Safety, en pleine tempête médiatique – et ça fait des étincelles côté vie privée.
Garrett Langley, le patron de Flock Safety, est récemment sorti du nid pour s’exprimer sur Fox News, le sourire un peu crispé. Son message ? En gros, « honnêtement, qui veut choisir entre vie privée et sécurité ? Pourquoi pas les deux, servis bien chauds avec une sauce compromis ? ». Bref, la surveillance, c’est bien, la vie privée aussi, alors pourquoi se battre ? (Spoiler : parce que ce n’est pas si simple…)
Mais difficile d’applaudir du bout des doigts quand des histoires font froid dans le dos : selon une enquête du Washington Post, au moins 46 policiers sont accusés d’avoir utilisé les caméras Flock pour espionner ex-femmes, petites amies, et parfois, à qui mieux-mieux. Langley, un brin penaud, s’est donc excusé sur CBS News tout en rappelant que les caméras n’ont pas inventé le flic véreux, elles sont juste mieux équipées pour l’attraper… Un peu comme si la caméra était à la fois le héros et le méchant de son propre film.
Derrière chaque caméra, il y a plus d’angles morts que ce que l’objectif ne laisse voir.
Mais même ambiance Friends contre Friends à Washington : démocrates ET républicains s’étripent… sur qui déteste le plus Flock. Michigan, Vermont, Bernie Sanders : « STOP AI MASS SURVEILLANCE. STOP FLOCK. », balance-t-on sur X (quel poète, ce Bernie). Côté républicain, c’est projet de loi anti-sorcière façon Salem : ni Flock, ni licenceuses de plaques, ni reconnaissance faciale – Circulez, Big Brother !
Sous pression, Flock a retroussé ses plumes : durée de conservation des données abaissée de 30 à 7 jours, justification obligatoire pour accéder aux infos… mais hop là, exceptions à volonté pour la police avec « Evidence Mode ». L’ACLU, sceptique, rappelle que leur limite idéale, c’est 48 h max. À leur goût, Effet d’annonce ou vraie réforme ? Suspense digne d’un polar, version « Le Flic, le Cambrioleur et la Caméra kickée ».
Pour clore, Langley, drapé dans sa vertu, interpelle les législateurs : il faut des lois claires et des sanctions pour les dérapages. Mais lui-même le dit, pour le moment, c’est open bar côté surveillance. Entre rapport de force politique, changements cosmétiques et débats philosophiques, la route vers la confiance collective reste longue. Peut-être que tout évoluera lors de sa prochaine prise de bec (euh, de parole) chez TechCrunch Disrupt cet automne.
Alors, envie de claquer la porte à la surveillance ? À moins que ce ne soit la porte qui vous reconnaisse et vous laisse sortir… Après tout, chez Flock, on ne vous surveille pas… on vous « observe de très près ». Caméra ou pas, c’est toujours une histoire de point de vue !
Source : Techcrunch




