« Les réseaux sociaux, c’est comme les sushis : il vaut mieux savoir ce qu’il y a dedans avant de croquer à pleines dents. » Voilà qui résume à merveille la dernière trouvaille d’Instagram : une nouvelle étiquette pour savoir si le bel inconnu au sourire Colgate derrière son profil Instagram est fait maison… ou concocté par l’IA !
Loin d’être un simple coup marketing, Instagram rebaptise son label “Créateur IA” en un tout nouveau sticker, plus explicite : “Profil généré par IA.” Oui, oui, aussi limpide qu’un filtre “Chien” sur Snapchat. L’idée ? Prévenir les utilisateurs que la personne – ou devrais-je dire « l’entité » – derrière la photo de profil n’a jamais eu à supporter une file d’attente à la boulangerie : elle a été générée par une intelligence artificielle. Fini le suspense, place à la transparence (en pixel HD s’il vous plaît) !
Instagram n’a pas fait ça juste pour le plaisir d’inventer des étiquettes. Non, nombre d’utilisateurs se sont retrouvés tout penauds devant des profils plus vrais que nature, pour découvrir après coup qu’ils avaient envoyé un cœur à une intelligence artificielle. Et pour éviter que la prochaine love story se termine par une crise existentielle devant ChatGPT, Instagram s’est dit qu’un bon gros sticker, ça calmerait les ardeurs.
Quand le doute existe, mieux vaut coller une étiquette que finir scotché par la surprise.
Attention toutefois : l’étiquette “Profil généré par IA” n’est pas obligatoire pour les retouches d’images ou les légendes punchlines dopées à l’IA ; seuls les profils où la star principale a été inventée de toutes pièces sont concernés. Si vous tapissez vos stories de licornes CGI ou de chatons qui dansent, dormez tranquille — personne ne viendra contrôler votre créativité (pas encore du moins).
L’arrivée de ce label n’est pas une coïncidence. Les polémiques autour des influenceurs IA se multiplient sur tous les réseaux : récemment, on a vu des faux médecins, des « coachs santé » ou encore des ambassadeurs de marques inventés par IA sermonner les internautes pour leur vendre tout et n’importe quoi. Même les applis de rencontre, comme Goose, se font griller en embauchant tout un cortège d’hommes virtuels pour rameuter la clientèle. De quoi faire douter de ses “matchs” (et de son niveau de discernement #Ooops).
Instagram a d’ailleurs senti le vent tourner : après avoir permis une IA de générer des images à partir des photos publiques sans consentement, le backlash ne s’est pas fait attendre. Face à la grogne, Meta a dû remballer la fonctionnalité, fissa. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, Meta s’est récemment acquittée d’un joli chèque de 18 milliards de dollars pour mettre fin à des poursuites concernant l’impact d’Instagram et Facebook sur la santé mentale des ados. Roulette russe ou étiquettes : il faut choisir ses risques.
Finalement, cette “IAttiquette” (vous l’avez ?) est le dernier rempart pour ne plus se faire berner par des profils trop beaux pour être vrais. Qui sait ? Peut-être qu’un jour, les seuls profils vraiment authentiques seront ceux qui clament haut et fort : “Ici, 100% humain, 0% robot, preuve à l’appui (et pas que la photo du chien)”. Bref, sur Instagram, mieux vaut afficher ses couleurs… ou finir cousu de fil blanc codeur.
Source : Techcrunch




