gray spacecraft taking off during daytime

Credits image : SpaceX / Unsplash

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L’échec de Starship : SpaceX est-elle en train de perdre la main sur l’avenir de la conquête spatiale ?

Une fusée peut-elle vraiment révolutionner notre avenir numérique – ou assisterons-nous plutôt à une série d’interruptions spectaculaires ? Ce jeudi, SpaceX a de nouveau stoppé net le lancement de sa toute nouvelle version de Starship, à peine quelques secondes après l’allumage des moteurs, sur sa base texane. Faut-il s’étonner de ces déconvenues, alors que l’entreprise vise des objectifs toujours plus ambitieux ? Jusqu’où ira la patience des investisseurs, du public, et de l’agence américaine qui supervise l’accès à l’espace ?

Elon Musk, indétrônable communicateur et dirigeant de SpaceX, s’est empressé de réagir sur X, expliquant que « certains moteurs n’ont pas démarré, déclenchant un arrêt automatique du lancement ». Deux moteurs devront être remplacés, assurait-il, tandis qu’aucun nouveau créneau de tir n’est attendu avant la semaine prochaine. Mais derrière ce contretemps technique se cache-t-il un enjeu stratégique, voire boursier ?

En effet, ce tir manqué fait suite à l’introduction en bourse record de SpaceX, alors même que la société voit sa valorisation chuter en quelques semaines. Plus de 85 milliards de dollars ont été levés, mais le titre a glissé en dessous de son prix d’introduction, et encore davantage après l’annulation du lancement. Quelle est la conséquence de telles montagnes russes pour une entreprise aussi dépendante de la confiance des marchés ?

Le rêve spatial d’Elon Musk se heurte-t-il aux réalités du génie mécanique – ou à celles de la spéculation boursière ?

Il faut rappeler que SpaceX n’a toujours pas prouvé la capacité de son Starship à atteindre l’orbite terrestre, ce qui rend chaque essai décisif, sinon risqué. Le lancement avorté de jeudi devait envoyer les premiers satellites Starlink de troisième génération, considérés comme la clé du futur réseau « data center orbital » de la compagnie. S’agit-il simplement d’un pas de plus dans une longue campagne d’essais – ou d’un signal d’alarme quant à la viabilité du projet ?

Le précédent test en mai, même salué pour son audace, n’était qu’une demi-victoire : si la fusée a effectivement quitté le sol, la mission a échoué à simuler correctement son retour, forçant la FAA à imposer une enquête et des correctifs. Entre-temps, l’économie de SpaceX tourne surtout grâce à Starlink, seule activité rentable – et dont la prochaine génération est précisément bloquée au sol par ces déboires techniques.

Alors que jeudi, tous les feux paraissaient au vert, la procédure aurait basculé à la dernière seconde : quatre des nouveaux moteurs Raptor seraient restés muets, poussant l’automate de sécurité à tout couper. Ce genre d’arrêt automatique, aussi frustrant soit-il, souligne-t-il des progrès en matière de sécurité ou révèle-t-il de vrais obstacles techniques ?

Maintenant, la priorité est à l’enquête : le lent processus de vidange du carburant et d’analyses méthodiques commence. Combien de revers sera-t-il nécessaire avant que la mission Starship – vaisseau amiral autant que défi boursier – ne trouve enfin son orbite ? Et au final, les rêves spatiaux de SpaceX résisteront-ils à l’enchaînement des désillusions ?

Source : Techcrunch

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