a white and black robot sitting on top of a brick road

Credits image : Leiada Krözjhen / Unsplash

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Uber et Waymo : qui gagnera la guerre des robotaxis à Washington ?

Le projet de loi sur les véhicules autonomes à Washington, D.C. n’est-il qu’un affrontement local ou le vrai champ de bataille pour l’avenir des transports urbains ? Quelles manœuvres se jouent en coulisses entre Uber, Waymo et une multitude d’acteurs silencieux ? Et qui sera vraiment perdant si le Parlement de la capitale fédérale donne le feu vert aux robotaxis sans conducteur ?

Depuis plusieurs mois, Uber s’oppose ouvertement à la proposition législative permettant l’exploitation commerciale de véhicules autonomes dans la capitale. Pourquoi ? Selon Uber, la loi accorderait à Waymo, filiale d’Alphabet, un quasi-monopole sur ce marché naissant, tout en supprimant des milliers d’emplois de chauffeurs humains. Uber plaide pour l’adoption d’un modèle hybride : robotaxis et conducteurs humains devraient, selon lui, cohabiter sur la même application, le choix restant au client. Mais n’est-ce pas là une manière de freiner l’autonomie totale et de maintenir Uber au centre de la mobilité ?

L’argument d’Uber retentit particulièrement fort dans une ville où le remplacement d’un chauffeur par une intelligence artificielle inquiète syndicats et associations de défense du travail. Les opposants dénoncent aussi les risques de congestion urbaine, liés à des véhicules sans clients qui “flânent” en ville, et l’impossibilité pour les personnes âgées ou en situation de handicap de recevoir une assistance humaine lors de leurs déplacements. Mais comment s’assurer que le progrès technologique ne se fasse pas au détriment de l’humain ?

La bataille des robotaxis à Washington, D.C. cristallise la tension mondiale entre innovation technologique et protection sociale.

En face, Waymo soutient le projet de loi, argumentant qu’il établit des règles de sécurité claires, soutient les transports publics et garantit l’équité. Mais d’autres s’inquiètent du coût d’entrée extrêmement élevé pour tout nouvel acteur (avec, entre autres, 6 millions de dollars en frais de permis et de dossier), ce qui pourrait limiter la concurrence à des géants de la tech… Ce verrou financier, s’ajoutant à une taxe de 15 cents par mile parcouru, promet de redistribuer l’argent collecté vers les transports publics et la reconversion professionnelle des chauffeurs menacés. Est-ce vraiment suffisant pour amortir le choc social ?

A travers ce débat, Uber soigne sa nouvelle image : celle d’un partenaire des municipalités et des travailleurs, bien loin de l’entreprise qui contournait autrefois la réglementation. Investissant massivement dans la collecte de données réelles via des partenariats mondiaux, Uber affiche vouloir anticiper la vague autonome… tout en s’assurant de ne pas être marginalisé par ses propres partenaires technologiques comme Waymo. Le bras de fer qui agite Washington pourrait-il inspirer d’autres métropoles, et influencer, sur des années, la façon dont législateurs, citoyens et entreprises imaginent la mobilité urbaine ?

L’affrontement Uber-Waymo n’est pas neuf : déjà en 2017, une guerre judiciaire autour du vol de secrets industriels avait défrayé la chronique. Leur partenariat récent sur les robotaxis à Phoenix, Austin ou Atlanta – fragile et éphémère – démontre la complexité d’une alliance entre deux anciens rivaux dont les intérêts convergent… jusqu’au prochain point de friction. La lutte s’internationalise, Londres étant déjà le théâtre pressenti d’un nouvel épisode.

Tout porte à croire que, derrière le débat réglementaire et les grands discours sur le progrès, c’est le contrôle de la mobilité urbaine de demain qui se décide. Entre emplois, sécurité, fiscalité innovante et monopoles silencieux, qui aura le dernier mot ? Et la vraie question : les habitants de Washington auront-ils le pouvoir de choisir leur prochain chauffeur, ou celui-ci leur sera-t-il imposé par un algorithme… et le lobbying des géants américains ?

Source : Techcrunch

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