Fingers hold a black smart ring with circuits visible

Credits image : Andrey Matveev / Unsplash

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Faut-il craindre la montée en puissance de la surveillance connectée à domicile ?

La technologie peut-elle vraiment sauver nos animaux perdus sans sacrifier notre vie privée? C’est la question que tout le monde se pose après la diffusion du spot publicitaire du Super Bowl, où Ring promettait de retrouver nos chiens grâce à une nouvelle fonctionnalité baptisée « Search Party ». Mais au lieu d’enthousiasmer, la campagne a provoqué une levée de boucliers sans précédent. Pourquoi cet engouement pour une fonctionnalité a priori anodine s’est-il transformé en controverse nationale?

Jamie Siminoff, fondateur de Ring, n’a cessé depuis de défendre son projet sur les plateaux de télé et dans les colonnes de journaux prestigieux. Pourquoi une simple extension d’un service de vidéosurveillance, destinée à alerter les voisins en cas d’animal perdu, inquiète-t-elle autant? Est-ce vraiment l’altruisme qui guide l’entreprise, ou bien la perspective d’étendre toujours plus le réseau de caméras dans nos rues et devant nos maisons?

En réalité, ce qui a particulièrement choqué, c’est l’imagerie de la publicité : la visualisation d’un quartier où chaque caméra s’allume sur une carte, formant des cercles bleus en expansion. Siminoff lui-même admet aujourd’hui que cette mise en scène était maladroite. Peut-on vraiment comparer la vidéo-surveillance collective à regarder l’étiquette d’un collier d’animal perdu dans son jardin?

La fine frontière entre entraide de voisinage et surveillance généralisée n’a jamais été aussi floue.

La controverse résonne d’autant plus fort au moment où le pays est secoué par la disparition de Nancy Guthrie ; Ring s’appuie même ostensiblement sur cette affaire pour démontrer l’utilité d’augmenter la couverture des caméras connectées. Faut-il voir dans cette stratégie une légitime réponse au besoin de sécurité ou une instrumentalisation émotionnelle au service de la croissance? L’entreprise a-t-elle franchi une ligne rouge en voulant rendre la surveillance un réflexe collectif, d’autant plus que Ring collabore désormais avec Axon, fournisseur d’outils pour les forces de l’ordre?

Derrière Search Party s’ajoutent en effet d’autres dispositifs controversés comme Fire Watch (cartographie des incendies via la participation citoyenne) ou Community Requests, système par lequel la police locale peut solliciter des images auprès des utilisateurs Ring. Et quid de la défunte collaboration avec Flock, dont les lecteurs de plaques d’immatriculation sont dans le collimateur pour leurs liens avec les agences fédérales? Siminoff se défend d’avoir cédé aux critiques, évoquant une problématique de « workload », mais pourquoi cette décision a-t-elle été prise juste après la polémique du Super Bowl?

Au-delà de l’anecdote canine, le scandale accélère un débat national sur l’expansion de la surveillance : NPR révèle par exemple que même de simples citoyens américains se retrouvent happés par la toile des agences gouvernementales. Ring vante le chiffrement de bout en bout comme rempart ultime, mais quel utilisateur moyen accepte de sacrifier toutes les fonctionnalités « intelligentes » (dont la reconnaissance faciale « Familiar Faces ») pour bénéficier d’une telle confidentialité?

Ce dilemme illustre parfaitement le choix cornelien : voulons-nous une technologie intelligente et prédictive, ou une garantie réelle de contrôle sur nos données? Car Ring n’hésite plus à expérimenter drones extérieurs, équipements pour petites entreprises, et ne ferme pas la porte à la reconnaissance de plaques d’immatriculation à l’avenir. Jusqu’où fait-on confiance à l’argument de l’opt-in individuel, alors qu’agences, entreprises et voisins flirtent parfois dangereusement avec la tentation du tout-sécuritaire?

Au fond, la vraie question demeure : Ring construit-il un filet de sécurité solidaire, ou sommes-nous en train d’ouvrir la porte à une surveillance omniprésente sous couvert de bienveillance?

Source : Techcrunch

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