Microsoft Copilot, est-ce la prochaine révolution au sein des entreprises ou seulement un effet de mode amplifié par le buzz de l’IA ? Depuis des mois, certains experts doutent de son adoption réelle, évoquant une technologie imposée plus subie qu’utilisée. Mais que révèlent vraiment les derniers chiffres de Microsoft ?
Mercredi dernier, Satya Nadella, PDG de Microsoft, a jeté un pavé dans la mare lors de la présentation des résultats financiers : M365 Copilot aurait désormais 20 millions de licences payantes en entreprise. Faut-il croire à une adoption massive ou ces chiffres masquent-ils une réalité plus nuancée ? Notons que parmi les clients, on retrouve des groupes géants — Bayer, Johnson & Johnson, Mercedes, Roche — dotés de plus de 90 000 sièges, et même un contrat record avec Accenture pour 740 000 postes. Mais qui, concrètement, profite de ce déploiement ?
En creusant, le discours de Microsoft reprend les mots magiques : « engagement » et « habitudes ». Nadella avance que les requêtes Copilot par utilisateur ont bondi de 20 % en un trimestre. Le niveau d’échange atteindrait désormais celui d’Outlook. Devons-nous y voir un changement radical dans notre façon de travailler, ou est-ce l’effet d’une stratégie d’intégration imposant Copilot comme passage obligé ?
Copilot se présente comme un assistant désormais incontournable, mais qui contrôle vraiment les usages au sein des entreprises ?
Un point intéressant : Copilot ne se repose pas exclusivement sur OpenAI. Désormais, chaque utilisateur peut accéder à plusieurs modèles, dont Claude d’Anthropic, pour obtenir des réponses plus affinées. La stratégie consiste à garantir flexibilité et performance, mais comment s’assurer que cette diversité d’outils bénéficie vraiment aux entreprises, au-delà du discours marketing ?
Même Morgan Stanley salue l’avancée avec des chiffres « bien au-delà des attentes » selon Keith Weiss. Cependant, la transformation de Copilot en « Agent mode » interpelle : cette fonctionnalité, activée par défaut dans Word, Excel et PowerPoint, permet d’exécuter automatiquement des actions complexes. Tout juste généralisée, elle offre la possibilité de déléguer à l’IA des tâches chronophages. Mais jusqu’où pouvons-nous déléguer sans perdre la maîtrise de nos documents ?
Microsoft pousse-t-il les entreprises vers une automatisation qui risque de les rendre dépendantes d’un assistant virtuel omniprésent ? La question devient centrale, alors que Copilot s’impose par défaut dans la suite bureautique la plus utilisée au monde. N’est-il pas temps de s’interroger sur la réelle valeur ajoutée de ces millions de sièges Copilot : progrès technologique ou nouvelle norme imposée par Microsoft ?
Source : Techcrunch



