Le règne de la mobilité autonome est-il en train de vaciller sous le poids de nouveaux défis ? Entre ruptures de partenariats et pressions réglementaires, l’industrie sera-t-elle capable de tenir ses promesses de transformation, ou assiste-t-on au début d’une nouvelle phase de turbulence pour les géants du secteur ?
À peine de retour de vacances, le petit monde des robotaxis a déjà bien changé. L’union autrefois vantée entre Uber et Waymo vient d’imploser à Phoenix, tandis que des accords persistent encore timidement à Atlanta et Austin. Quand ces dernières alliances voleront-elles en éclats ? Plus important, comment ces poids lourds agiront-ils une fois libérés de toute collaboration ? Les déclarations déjà musclées des cadres d’Uber présagent-elles d’une guerre commerciale et politique féroce sur les marchés convoités ?
En coulisses, la tension monte. Sur le front national, Jonathan Morrison de la National Highway Traffic Safety Administration a tiré la sonnette d’alarme : il est inacceptable que les véhicules autonomes gênent l’action des forces de l’ordre et des secours. Les scènes d’urgence, dit-il, ne sont plus des cas extrêmes, mais des incidents courants auxquels l’industrie doit apporter des réponses immédiates sous peine de voir sa légitimité sérieusement contestée.
Le secteur des véhicules autonomes, sur fond de tensions industrielles et de pression réglementaire, doit prouver sa maturité avant de prétendre réinventer la mobilité urbaine.
Mais qui Morrison visait-il vraiment ? Si la lettre ne cite aucune entreprise, difficile de ne pas voir une allusion directe à Waymo, dont le parc robotaxi le plus étendu des États-Unis s’est illustré ces derniers mois par de multiples incidents gênant les secours ou causant des blocages massifs, notamment lors des festivités du 4 juillet à San Francisco. Face à ces défaillances, la NHTSA exige désormais des solutions concrètes d’ici la fin du mois. Sera-t-elle vraiment prête à passer à l’acte en cas de réponse insatisfaisante des industriels ?
Au même moment, le paysage réglementaire fédéral évolue. Un nouveau plan propose d’amender les standards de sécurité des véhicules, ouvrant possiblement la voie aux projets radicaux de Tesla et Zoox : des véhicules sans volant ni pédales, pensés dès leur conception pour une conduite 100% autonome. Cette liberté technologique annonce-t-elle aussi un relâchement des critères de sécurité ?
Et pendant que l’attention se porte sur ces conflits, la galaxie mobilité fourmille d’autres actualités. Rivian s’offre une levée de fonds express de 1,32 milliard de dollars pour accélérer la production et la livraison de son nouveau SUV R2. Mais cette fuite en avant financière cache-t-elle la fragilité d’une rentabilité toujours absente ? D’autres startups comme Bidbus et TaiSan lèvent aussi des millions, tandis que Lyft tente de se diversifier en absorbant le bike-share en Espagne. Le secteur resterait-il le « nouvel eldorado » de la tech ?
Enfin, faut-il s’inquiéter de la multiplication des fuites de données personnelles massives, tel le dernier incident révélé chez AssuranceAmerica, ou de l’arrivée de fonds d’investissement explicitement anti-Elon Musk sur des marchés jadis dominés par la figure de Tesla ?
À quoi ressemblera la mobilité du futur si chaque avancée technologique majeure s’accompagne d’une telle série de revers et de remises en question ? L’industrie parviendra-t-elle à instaurer la confiance indispensable auprès des citoyens et des pouvoirs publics ?
Source : Techcrunch




